samedi 1 août 2020

Panama : le passage du canal

Panama

Le canal de Panama. 

Réveil à 3 heures pour les derniers préparatifs ce vendredi matin, nous attendons « l’advisor » (comprenez un superviseur de manoeuvre qui restera avec nous tout au long du passage). Vers 5h15 la navette du canal arrive et le dépose à notre bord.

Le top départ est donné. Nous devons prendre le chenal, passé sous le pont de l'Atlantique et rejoindre les 2 catamarans partis avant nous. Unavoq fonce pour rattraper les 2 catas, ce qui n'est pas du goût d'Alain qui n'aime pas faire monter dans les tours le moteur Perkins.

On vient de passer sous le pont de l'Atlantique
(premier pont du canal)
Ici le cata L'éclectik que nous avons doublé
(cliquer pour agrandir)

On se met ensemble derrière un gros porte container qui est en train d’entrer dans le canal.

Première écluse, on sera derrière ce cargo
Les « advisor » organisent la manœuvre d’attache des 3 bateaux : Unavoq sera au milieu, Kissanga est à tribord et l’Eclectik est à bâbord. 

Aucun des advisor ne s’informe sur les demandes de l'inspection de lundi. C’est étonnant.

En rouge Emilie du cata Kissanga
Il sera couplé à tribord
Le cata L'éclectik qui sera à notre bâbord
Le convoi ainsi formé entre dans le canal. Nous suivons les ordres donnés afin de coordonner la marche des 3 vaisseaux. Il ne faut pas se rapprocher des parois du canal. C'est le bateau central qui fait avancer le convoi, et les bateaux latéraux qui corrigent l'axe de la trajectoire.
Une  fois en position dans la première écluse, c’est le lancé des "bowling" du haut des quais, ils vont servir à remonter les lignes nécessaires à l’accrochage des bateaux.

En rouge, Marie de L'éclectik qui récupère la boule

Tout est ok. Le convoi est fixé dans la 1ere écluse derrière le gros cargo.


Une cloche retentit et la porte se ferme derrière nous. C’est la dernière fois que nous voyons la mer des Caraïbes.

Au fond le pont de l'Atlantique
Marty, l'advisor aux gants bleus
L’eau surgit de chaque côté et fait monter rapidement les bateaux à la hauteur du quai pour arriver sur la 2ème écluse. Dans cette partie nous montons vers le lac, bief de partage des eaux entre l'Atlantique et le Pacifique.

Les portes sont immenses vu d'en bas
Dès le niveau atteint les portes s’ouvrent et nous poursuivons notre marche tirée et encadrée par des personnes qui, à l’aide des lignes, surveillent notre déplacement. Il ne faut pas que l'on cogne sur un bord.


Noter les rails de chaque coté du canal
On entre dans la 2ème puis ainsi de suite jusqu’à la 3ème écluse. Là, les hommes en haut relancent les lignes car nous entrons dans le lac qui sépare les deux séries d’écluses. C’est le moment de détacher les bateaux. La traversée du lac se fait en solo les uns derrière les autres en suivant les bouées rouges qui délimitent le chenal dans le lac.


Marty, l'advisor sur Unavoq, nous apprend qu’il y a 32 miles à parcourir pour rejoindre les autres écluses.

Commence alors notre cheminement sinueux sur le lac. Nous sommes un peu stressés car nous redoutons une panne moteur. Il faut pousser les moteurs pour respecter les créneaux horaires de passage. Nous devons nous suivre et rester à vive allure, avec une moyenne de plus de 6 noeuds.

Alain est contrarié, il craint la panne, ce qui serait ennuyeux dans le chenal parfois étroit. Il n'a rien dit quand, juste avant d'entrer dans la première écluse, la courroie de l'alternateur qui recharge les batteries a chauffé puis cassé. Il dira plus tard que ce fut la journée la plus éprouvante qu'il a vécue, étant persuadé qu'une panne viendrait gripper l'organisation du passage. Cela a un peu gâché son plaisir de savourer le moment et de profiter du décor.

Mais notre Perkins ronronne tel un tracteur et ne nous lâchera pas, la révision et la purge de jeudi ayant résolu les soucis de prises d'air.

Marty nous raconte l’aventure du canal avec ses anecdotes et nous montre dès que possible les animaux présents. On observe de beaux paysages avec hélas des gros cargos qui croisent notre route provoquant de grosses vagues qui nous déportent.

L’heure de midi approchant, nous demandons à Marty quand souhaite-t-il déjeuner. Il nous apprend qu’il a apporté sa nourriture. Je me rends compte que les recommandations de l’inspecteur et d’Erik n’étaient pas pertinentes. J’ai cuisiné hier soir pour préparer un bon repas à base de poulet qui ne sera finalement que pour nous. On en mangera pendant 2 jours…

Au fond, le pont centenaire
second pont du canal
If faudra 5 heures pour atteindre l’autre côté. Marty se renseigne sur notre passage. Le cargo passé avec nous est déjà arrivé, nous ne pourrons pas passer avec lui. Un créneau est possible juste devant un autre gros cargo. Il faut que l’on arrive à le prendre sinon nous serions obligés de repartir à l’ancrage au milieu du lac sur les bouées et d'attendre le jour suivant pour passer. Petit coup de stress. Marty demande à ce que l'on accélère, mais Alain refuse prétextant que l'on est au maximum.

En fait on peut monter à 2300 tours, mais nous ne l'avons jamais fait et nous ne désirons le faire qu'en cas d'urgence grave. Nous sommes déjà à 2100 tours / minutes avec une vitesse de 6,5 nds.
Finalement on est à l’heure. Il faut reformer le radeau en attachant les 3 bateaux.

On avance dans l'avant dernier canal. On vérifie que nous sommes bien au milieu des deux  quais. Le processus recommence. Les hommes en haut lancent les boules qui servent à monter les lignes qui attachent et maintiennent les bateaux. Dès réception, on avance dans l’écluse. Puis c’est le tour du cargo de se positionner. Cela dure plus longtemps car ce n’est pas facile de manœuvrer de tel engin. Ils sont aidés par des petits bateaux pilote qui les aident à mettre le bateau dans les meilleures positions. Eux bénéficient de petits trains sur chaque côté qui les aident à maintenir et attacher le bateau dans l’écluse.

Tout est prêt, les portes se ferment et commencent l'écoulement de l’eau. Dans cette partie nous descendons vers le Pacifique. L’eau s’en va et nous descendons  progressivement. C’est cette partie qui est la plus délicate car il faut suivre la descente des bateaux en lien avec les lignes. Sinon cela risque de tout arracher si une amarre venait à se coincer. Ce n’est pas difficile, il faut juste être attentif et suivre la manœuvre. Tout se passe parfaitement sur nos embarcations.

Quelques minutes après nous sommes à hauteur et là nous devons reprendre les lignes car il y a un dernier petit lac à traverser. Les bateaux ne sont pas détachés et nous traversons ensemble cette étendue d’eau pour rejoindre la dernière écluse.

Patricia contente de voir enfin le Pacifique du haut de la dernière écluse

Nous sommes  dans l’écluse de Miraflores et j’apprends par ma fille qu’elle nous voit sur la Webcam (la caméra connectée à Internet) de l’écluse en direct par Internet. A bord de l’embarcation on est tous content, on se passe l’information et tout le monde fait des coucous vers la caméra. Comme il y a la préparation du cargo derrière nous, cela nous passe le temps. 

En approche de Miraflores
Trois petits voiliers devant le mastodonte
On est à la dernière écluse. A nouveau c’est encore la préparation de la position dans le canal pour nous et pour le cargo. Tout est prêt pour notre dernière descente.


Alain & Patrica à la dernière écluse
Avant l’ouverture de la dernière porte, il y a les dernières recommandations de Marty qui dirige le convoi. Il donne les derniers conseils à Alain car nous allons entrer dans le Pacifique. Il y a une différence de salinité entre les 2 eaux puisque le canal est alimenté par l’eau du lac qui est une eau douce. Cela provoque à la sortie de forts courants qui peuvent entrainer les bateaux vers les parois du canal. De plus il y a également souvent du vent qui augmente encore le phénomène. Les 3 garçons à la barre, Alain sur Unavoq, Francesco sur Kissanga et Jean-Philippe sur l’Eclectik sont à la manœuvre : Unavoq avance tout droit à fond, et les catas jouent des moteurs de chaque coté pour équilibrer l'ensemble.


La encore ils ont bien assuré et nous rejoignons le pacifique sans aucun problème. On est tous euphorique. Heureux que tout se soit bien passé et heureux d’être enfin sur le Pacifique. C’est la joie et les cris de bonheur sur les bateaux.

On termine par détacher les bateaux et nous passons sous le grand pont des Amériques pour rejoindre le Balboa Yacht club où nous prenons une bouée.

On est content mais un peu épuisé de cette rude et longue journée stressante. C'est ici que l'on recevra notre nouvelle chaine de 80m.

Patricia marque la chaine
Au fond, le pont des Amériques
(troisième et dernier pont du canal)

On utilise des Serflex colorés tous les 5 et 10m
Le lendemain sera l’occasion de fêter au Yacht club l’anniversaire de l’un des enfants et aussi notre passage réussi. Le champagne est de la  fête. Le club est normalement fermé à cause du Covid, mais pour un anniversaire rien n'est impossible :)

De gauche à droite
Emilie, Francesco, Marie, Jean Phil, Patricia, Alain, Auriol


Après cette épreuve nous rejoignons le mouillage de Las Brisas pour préparer le grand départ vers la Polynésie française.


Ce premier août 2020, nous sommes en escale technique en Colombie coté pacifique, plus exactement à Buenaventura. Nous devrions repartir lundi 3 août au soir avec la marée descendante.

mercredi 15 juillet 2020

De Turtle Cay à Shelter Bay

Panama

De Turtle Cay à Shelter Bay

Après nos retrouvailles avec le voilier Vivian de Jean-Pierre et Mireille, il est temps pour nous de poursuivre notre voyage. Et c’est avec un pincement au cœur que nous quittons la marina et Vivian. Nous partons vers Linton bay où nous attendent les 2 catamarans avec lesquels nous devons traverser le canal de Panama.

Nous avons contacté ces 2 voiliers par l'intermédiaire d'un groupe Facebook très actif nommé "Panama Cruisers".
Le groupe est plutôt anglophone, mais comme pas mal de navigateurs sont français, ça discute en pas mal de langues, et de toute façon l'anglais nous pose bien moins de souci que notre pauvre espagnol.

La navigation n’est pas longue mais le vent étant absent ce sera une traversée au moteur avec une houle de travers. Nous sommes accueillis à l’entrée de la marina par un torrent de pluie qui s’abat sur nous. Alain à la barre ne distingue plus correctement les bateaux ancrés juste dans le passage de la marina. Je suis contrainte de sortir à l’avant pour lui indiquer la route. Il faut dire que certains voiliers sont ancrés dans le chenal d'accès à la "sauvage".

Heureusement les gens de la marina sont là et nous indiquent une place libre. Tout se termine bien avec seulement Patricia et Alain trempés jusqu’aux os.

Au fond la marina
où l'on se prendra une bonne sauce tropicale...

Notre emplacement est juste à côté des 2 catamarans Kissanga et L’Eclectik, qui passeront le canal avec nous.

Ponton non parallèle au bateau car la place est en trapèze
et l'on essaye de se mettre perpendiculaire à la houle ...

Marina de Linton Bay
entourée par la jungle
(cliquer pour agrandir)

Dès l’après midi nous faisons connaissance et engageons le compte à rebours.

Le lendemain, nous commençons par les démarches officielles du « port autority » pour obtenir notre enregistrement d’entrée au Panama (Zarpe d'entrée, papier grand format gratuit en 5 exemplaires). L’après-midi, nous repartons à Portobello en taxi pour obtenir nos visa au service de l’immigration. Cela fait la 3ème fois que nous allons dans ce service. Tout le monde nous connaît. On obtient enfin ces fameux tampons sur nos passeports. On est très content d'avoir surmonter les obstacles administratifs, mais ce n'est pas terminé...

Le lendemain, on a rendez-vous avec notre agent « Erik Galvez » pour les formalités du passage du canal. Après vérification de tous les documents et paiement de 2200$ par bateau (quand même !), on récupère les pare-battages et les lignes pour le "radeau" qui sera constitué des 3 voiliers attachés ensemble.

Autant vous dire de suite que nous ne recommanderons pas notre agent Erik aux autres voiliers. Sa commission après négociation est de 250$ par bateau, mais le service est pauvre pour ne pas dire inexistant et sa disponibilité réduite. Par exemple il n'organise pas les radeaux, c'est à vous de trouver les autres voiliers pour passer avec vous alors qu'il est en contact avec plusieurs voiliers.


Installation sur le pont avant des lignes (en bleues)
pour le passage du canal et protection des panneaux de pont
Protection aussi des panneaux de pont arrières

S'il n'y avait pas eu la pandémie, nous aurions fait les démarches nous même. Par contre, avec un agent, pas besoin de la caution de 800$ à déposer en banque et à récupérer coté Pacifique.

Le prochain rendez-vous sera pour l’inspection du bateau, lundi matin à « Shelter bay ».

On profite encore de ces quelques jours pour préparer le bateau. On retrouve ici d’autres français rencontrés à «Turtle cay », il y a du monde et l'on peut trouver pas mal de matériel d'occasion. 

Mais cette marina n’est pas aussi confortable que « Turtle cay ». Nous avons un peu de mal au début car c’est vraiment très rouleur. Alain essaie de mettre le bateau un peu plus perpendiculaire au sens des vagues mais les emplacements ne sont pas bien conçus (le notre à la forme d'un trapèze !). Le seul vrai plus est qu’il y a de l’eau chaude aux douches ; Cela faisait longtemps que nous n’avions pas profité d’une douche bien chaude. Ah quel plaisir !!!! Sinon c'est plus un chantier qu'une marina (bien pour lever le bateau), et nous trouvons l'endroit moche.


Emilie du voilier copain Kissanga avec Eric Bauhaus 

Séance de dédicace avec l'auteur de notre livre
The Panama Cruising Guide
Vendredi nous engageons les négociations pour obtenir la Zarpe de sortie qui nous permettra de pouvoir nous arrêter aux Galápagos si nous avons besoin d’un ravitaillement en vivre et en gasoil. En fait il faut un cruising permit (180$) pour obtenir la Zarpe de sortie. Pour traverser le canal, pas besoin de cruising permit, on peut le faire en simple transit. Et comme dans les territoires français on ne demande pas la Zarpe de sortie précédente, pas mal de français ne font pas de sortie officielle et ne payent donc pas le cruising permit.

Pour nous ce sera différent : il n'y a plus de formulaire papier pour faire le cruising permit. A cause du Covid, l'administration n'a pas reçu d'autres formulaires. Kissanga et L’Eclectik (les 2 cata qui vont passer le canal avec nous) ont déjà un permis car ils naviguaient au Panama depuis plusieurs mois avant la pandémie. Nous sommes trois dans le bungalow du fonctionnaire à la marina. J'attends patiemment mon tour en dernier, tachant de garder le sourire et espérant une solution, on ne sait jamais.

Après avoir fait les 2 Zarpe de sortie des catamarans, vient notre tour. Oui, nous naviguons ensemble, oui nous avons un créneau pour passer le canal ensemble, et nous partirons ensemble vers la Polynésie. Oui nous avons besoin d'une Zarpe pour les Galapagos. Non, il n'y a plus de papier, mais nous n'avons pas pu profiter des San Blas pour naviguer à cause du Covid. D'ailleurs nous n'avons pas navigué du tout depuis que nous sommes au Panama, c'est dommage non ? Oui c'est bien joli les San Blas.

Alors, pouvez-vous nous aider ? Ok, le fonctionnaire nous délivre le document tant attendu sans demande de pourboire mais en insistant bien sur le fait que ce n'est pas possible normalement. Comme quoi, rien n'est impossible finalement. Patience, sourire, respect de la personne, voilà le triptyque qui permet d'obtenir le sésame.

Une fois la Zarpe de sortie réalisée, nous retournons tous à Portobelo pour avoir le tampon de sortie sur les passeports. On devra quitter le Panama sous 3 jours, mais avec les délais de passage du canal, tout le monde sait bien que ce n'est pas réalisable.

Nous décidons tous de quitter la marina dimanche matin pour être prêt à recevoir l'inspection lundi.

La traversée est un peu longue et nous arrivons vers 15h dans la baie de Shelter bay (6h de moteur car pas de vent). C’est impressionnant de slalomer à travers des très gros bateaux qui attendent leur passage dans le canal. Plusieurs gros bateaux sont autour de nous et nous devons traverser le rail entre 2 passages pour entrer dans la baie et mouiller.

Copie d'écran du routeur
lors de l'entrée dans Shelter Bay

Les 3 bateaux sont au mouillage dimanche après midi. Mais le climat n’est pas au top. Dans la nuit nous subissons un violent orage avec un peu de vent. Ce sera un peu animé car un voilier à côté de nous finira par déraper et venir très près d’Unavoq. Heureusement pas de mal.

Zone de mouillage à Shelter Bay

La foudre tombe dans la baie. Des éclairs violents avec des bruits forts résonnent tout autour de nous.

On apprendra le lendemain qu’un voilier a "perdu" tout son électronique. Après vérification, Alain se rend compte que nous avons un problème d’affichage dans le cockpit des données analogiques de notre anémomètre / girouette. Il semble qu’elle n’a pas aimé le champ magnétique de la foudre. Ce n’est pas une urgence (on a encore les données numériques sur le routeur), on verra ce problème de l’autre côté du canal.

Lundi matin, c’est l’inspection. On nous demande de monter le drapeau jaune afin d'être visible pour l'inspection. Une personne monte à bord et fait la revue des documents et des installations sur Unavoq. Nous apprenons qu’il faut une cuve à eau noire (ou un WC chimique) et une corne de brume à gaz. L'eau du bief de partage des eaux est un lac qui est utilisé comme source d'eau potable par les habitants.

De plus nous devrons nourrir le pilote qui sera à bord donc il lui faut de l’eau en bouteille et un plat chaud à base de viande. 

Dès l’après-midi nous achetons le matériel nécessaire à la marina, car le service de location de notre agent Erik est presqu’aussi cher, voir plus, que le neuf. C’est franchement abusif. Il loue même la corne de brume 25$ alors qu'elle est vendue 19$ en ville...

La corne de brume
et le WC chimique qui pourra nous être utile aux Galapagos
ou dans certains pays demandant une boite à eau noire
Bref après les achats, les 3 bateaux sont prêts. Nous attendons la confirmation de la date pour le passage. Ce sera vendredi 19 juin à 5h du matin. Notre agent est difficilement joignable, nous devions passer mercredi...

En attendant on profite de faire les entretiens du moteur et les dernières vérifications. Entre les 3 bateaux, on échange et partage nos pratiques, des films, des livres et des conseils. On bricole. Merci à Francesco de Kissanga pour l'aide à caller la poulie de la pompe à eau.

Ce sera aussi l’occasion de faire la connaissance de « Monsieur Crocodile » qui arpente la baie. Une petite frayeur pour tous ceux qui avaient tenté la baignade. Cela a calmé les plus courageux.

Cela ressemble un peu au Loch Ness (photo un peu flou)
Mais ici au milieu c'est bien un crocodile
Bref tout est prêt pour le grand jour, le jour où nous allons quitter la mer des Caraïbes pour l'océan Pacifique.

La prochaine étape : le Pacifique


PS : quand vous lirez ces lignes, nous serons en train de traverser le Pacifique et il vous faudra attendre le mois d'Août pour avoir un nouveau post.

lundi 8 juin 2020

Panama : Turtle Cay marina

Panama

Turtle Cay marina

Après notre traversée sportive depuis Curaçao, une semaine de navigation à la barre sans pilote automatique, nous apprécions le calme et la beauté de Turtle Cay, dans la région de Nombre de Dios au Panama (côte Sud-Est, non loin de la Colombie).


Unavoq au ponton de quarantaine
Taud de protection solaire monté car il fait chaud
et parfois il pleut dru
(cliquer pour agrandir)

Autour de nous, de grandes étendues de verdure avec de magnifiques arbres aux frondaisons luxuriantes colonisées d'orchidées sauvages et d'animaux étranges. Le calme de Curaçao est remplacé par le bruit des perruches qui jacassent le jour et le cri rauque de bête féroce des singes hurleurs que l'on entend d'un bout à l'autre de la jungle. Manque plus que les tamtam rythmés pour se croire dans un film de Tarzan !


A l'ombre des Ficus et palmiers du parc de la marina
Orchidées sur un cocotier en bord de plage
Au loin on voit et on entend la mer avec de gros rouleaux de vagues qui déferlent sur une longue plage. Quel spectacle! 
Cela nous change de Curaçao où pendant 3 mois nous n'avions que des cactus et des étendues de sable, de quoi remonter le moral des troupes.

Plage Nord
Au bord, plateau volcanique avec reste de bloc de lave noir qui brise le ressac
Les conditions actuelles liées à la pandémie font que peu de bateaux et d'équipages sont encore présents. Quasi tous reviennent des San Blas où la saison est terminée faute de touriste. Nous retrouvons avec plaisir notre ami Christophe rencontré à Curaçao, qui nous fait la visite des lieux.

Orizaba, l'Ovni 43 de Christophe mis à terre
Ici au Panama, nous sommes encore en période Covid, tout est fermé et il n'est pas autorisé de circuler en ville. On est contraint de faire une quarantaine de 14 jours à notre arrivée. Heureusement le gérant de la marina nous décompte le temps du voyage en mer et nous autorise aussi à circuler dans la marina à condition de laisser une personne dans le bateau.
Littéralement :  quai de quarantaine

Par contre impossible de faire les papiers relatifs à notre arrivée au Panama. Le service d'immigration de Portobelo est fermé ainsi que les services de douanes de Linton ; nous resterons des "clandestins" durant un mois.

La marina n'est pas très grande mais son environnement est spectaculaire. Côté accueil le personnel est très agréable, toujours prêt à rendre service. Notre espagnol basic nous sera très utile car les gens du cru ne parle pas l'anglais et encore moins le français.

Côté pratique, il y a 3 douches propres et surtout à disposition des machines à laver (1$ par machine !) et des sèches linges (1$ par sèche linge). Compter 300$ par mois pour l'amarrage au ponton ou le stockage à terre : c'est la moins chère de toute la côte Sud Est de Panama. L'eau et l"électricité sont à disposition gratuitement. Il est possible de lever jusqu'à 12 tonnes et 43 pieds, en enlevant quand même l'étais avant pour passer le portique de levage.

Portique de levage 12t max

Darse de levage
Il n'y a pas de boutique d'approvisionnement mais une camionnette passe 2 fois par semaine pour livrer des fruits, des légumes, des oeufs et du poisson. Il est possible de commander certains articles à la camionnette, pratique.

Ravitaillement au cul du véhicule

La marina propose également pour 10$ de vous emmener à la ville d'à côté  (Nombre de Dios) vous approvisionner chez une boutique tenue par des chinois.
Alain aura l'occasion de partir un mardi (jour des hommes) pour récupérer quelques denrées comme de la viande. Ici il y a des journées "Homme", et des journées "Femme" : comprenez qu'un jour sur 2 l'un ou l'autre peut circuler, et personne le dimanche. 

Coté sécurité, c'est top : Portail d'entrée du parc avec gardien, second portail plus loin et base des Coast Guards dans la marina même.

Armoiries de l'aéronavale

La période de quarantaine passée, nous partons découvrir le magnifique parc qui nous entoure. En prenant à pied la route qui mène à "Nombre de dios" on découvre une foret dense où l'on entend des bruits étranges : c'est la  jungle qui est tout autour de nous.

Qui dit jungle, dit présence animal.  Ce sera l'occasion de voir plusieurs animaux comme :

- les paresseux qui dorment dans les arbres 
- des singes hurleurs que l'on entend dès qu'il pleut 
- un écureuil roux dans les cocotiers 
- un tamanoir perché dans les arbres
- une couleuvre venue nous rendre visite sous notre ponton
- des aigles, des perruches, des toucans ...

Plusieurs animaux sont protégés
Ici le panneau du Tamanoir

Tamanoir 
(Myrmecophaga tridactyla)
Paresseux à deux doigts
(Choloepus didactylus)
Singes hurleurs
(Alouatta caraya)
Couleuvre verte sous notre ponton à la marina 
(Opheodrys vernalis, localement appelée Culebra Verde Lisa)

Surprise trouvée dans les rideaux du carré

Le nid de guêpes maçonnes 
Un des points négatifs de cet endroit magique ce sont les Chitras. De minuscules petits moustiques, presque invisibles à l'oeil nu qui viennent vous attaquer toute la journée les jours de beau temps et vous laissent des boutons qui démangent à vous gratter à sang. Une des solutions est de s'enduire d'huile de coco qui graisse la peau et empêche les moustiques de vous piquer. Alain ne s'est presque pas fait piquer car les Chitras n'aiment pas les poils...  C'est peut être une autre solution.

Moi, j'ai été dévorée, je n'ai pas arrêté de me gratter essentiellement sur les pieds, les jambes et les bras. Certains soirs, j'ai même été contrainte de prendre un antihistaminique pour me soulager. Bref un vrai bémol au paradis. Porter des pantalons et des manches longues permet de se prémunir des insectes, mais quand il fait chaud...

Patricia en tenue de combat contre les Chitras
A gauche l'ami Jean Pierre du voilier copain Vivian
Alain en tenue de combat
A la marina il y a aussi des plages. Notre ponton est à l'écart des autres bateaux, mais le plus près de la plage. Une magnifique plage de sable blanc protégée par une barrière rocheuse qui casse les gros rouleaux de vagues.

On devine le restaurant derrière Patricia

Une piscine privée à 30° rien que pour nous dans un environnement magique. Il y a d"aménagé" un petit restaurant de plage qui propose des cocktails et des repas à des prix très raisonnables au bord. Il est tenue par Maria Thérésa et Dido : un cadre purement idyllique. On ira déguster des Mystérious (cocktail),  des crevettes fraiches et des hamburgers (on manque de viande rouge).

Quand le soleil tape, les couleurs sont éclatantes

La belle plage et son phare factice
mais tellement photogénique
C'est dans l'eau non loin de la plage que nous trouverons nos premiers dollars des sables vivants mais aussi sous forme fossile. 

Dollar des sables 
(Clypeasteroida)
Pour le plaisir des yeux
on vient regarder le coucher de soleil vers 18h30

Ce séjour à la  marina sera aussi l'occasion de faire le tour des réparations et des aménagements à améliorer pour poursuivre notre route. Tout d'abord le pilote automatique qui est tombée en panne. Alain devra le démonter pour heureusement s'apercevoir qu'il n'est pas cassé, seulement dévissé. Un gros travail de démontage et de remontage.

Démontage du vérin du pilote
Egalement second démontage de la pompe à injection pour la fuite d'air. Là aussi Alain réussira à changer le joint usé et le remplacer par un nouveau joint. Côté moteur tout re fonctionne.

Côté amélioration, ce sera la couture car notre capote a besoin d'un peu de reprise, certaines pressions ayant lâchées.

Ambiance de cockpit
Ajout d'un ombrage en pied de taud 
Panama ayant commencé à réouvrir, il est temps pour nous de faire nos papiers. Avec une lettre manuscrite de quarantaine faite par la marina, nous partons en taxi pour Portobelo. Quel chemin ! Il nous faut d'abord traverser toute la jungle du parc qui nous entoure puis rejoindre la route goudronnée. De là il nous faudra encore rouler sur 4o Km pour arriver en ville (une bonne heure de voiture).

Le service d'immigration est ouvert. Hélas, les agents nous apprennent que notre papier marina n'est pas bon car il faut un certificat de Cristobal prouvant que nous ne sommes pas atteints du Covid. Les personnes de l'immigration sont très sympathiques et nous donnent tous les renseignements pour obtenir ce certificat par Internet...  Mais hélas, il nous faut repartir et revenir avec le certificat. Cela nous a coûté 50$ de taxi.
Dès notre retour, Alain s'active sur internet et vers 14 h nous récupérons le fameux certificat. Il nous faut maintenant reprendre un taxi pour retourner à l'immigration.

Nous trouvons enfin un taxi samedi matin et repartons à l'immigration mais contrairement aux indications fournies jeudi, la porte est fermée. Après prise de contact téléphonique, il nous faudra attendre 2h qu'une personne arrive de Colon et au vue des documents refusera de nous faire nos visas.
Aucun moyen de négocier, nous serons quite pour repartir sans nos visas avec encore 50$ de taxi. Cela fait cher les papiers !

En fait, Turtle Cay n'est pas un port d'entrée, on ne peut donc faire la Zarpe d'entrée nécessaire pour l'immigration. On fera donc un saut à Linton (2 heures de navigation) pour faire notre entrée officielle. Ce sera l'objet du prochain post.

Le voilier copain Vivian (Jean Pierre et Mireille) venant nous rejoindre depuis Bonaire, nous restons 3 jours avec eux avant de repartir faire les papiers. Un ennui de santé les empêche de continuer leur route avec nous, c'est avec tristesse que nous nous quittons. A peut-être dans un an de l'autre coté du Pacifique, qui sait ?

Vue sur la passe d'entrée de la marina
avec Jean Pierre et Mireille

Le souvenir que l'on gardera de l'ambiance de Turtle Cay


Départ de la marina
Fin