mercredi 15 septembre 2021

Polynésie : Tahiti (Arue)

Arue 

(prononcer Aroué)


Après quelques semaines passées sur l’ile de Fakarava (archipel des Tuamotu), Unavoq reprend la mer direction Tahiti, éloignée seulement d’une nuit en navigation.

Arrivée au Nord de Tahiti
Puis migration vers le Sud
Baie de Paheton
(Taravao)

Nous quittons Fakarava vers 14h et rejoignons la passe Nord en suivant le chenal bien balisé. Les conditions sont idéales : beau temps et vent modéré. Nous sortons du lagon sans aucun souci et reprenons la haute mer en longeant la côte plein Ouest.

Très vite nous mettons en place le gennaker qui permet d’avancer à 6/7 nœuds sur une mer calme avec 10 nds de vent. Que du bonheur !!!

Le voyage se poursuit à ce rythme jusqu’aux abords de l’ile de Tahiti qu’il nous faut longer pour rejoindre la passe d’entrée de Papeete.

Arrivés en fin d’après-midi le lendemain, et ne voulant pas entrer de nuit, nous appelons les autorités portuaires de Tahiti. Celles-ci nous expliquent qu’il est toléré de mouiller vers la pointe Vénus à condition de n’y rester que deux jours maximum. 

Nous arrivons vers 17h et rejoignons un bateau déjà ancré dans la baie bien protégée derrière le platier.

Le lendemain, on découvre le paysage montagneux de Tahiti dont les sommets sont embrumés ; nous sommes au bord d’une très jolie baie avec une grande plage de sable noire. Le coin est splendide et tranquille sauf les WE car c’est la « riviera » de Tahiti : la plage par excellence pour les locaux. On y restera sans ennui tout le WE à observer la plage grouillante de vie.

Lundi matin nous partons du mouillage pour aller de l’autre côté de la baie. Alain a identifié plusieurs voiliers qui apparemment sont mouillés au Yacht club de Tahiti. Nous nous engageons dans l’étroite passe et trouvons une bouée libre pour nous amarrer en face des pontons flottants.

Au mouillage sur bouée du Yacht Club

Alain part avec l’annexe et je reste seule dans le bateau en espérant qu’il sera possible de rester quelques jours ici.

C’est avec un peu d’anxiété que je vois Alain revenir. Heureusement il arbore un large sourire. Oui, nous pourrons rester quelques semaines car c’est la période de vacances à la marina et il y a 2-3 places de libres sur bouée (c'est le mois de juillet). On est super content, car le tarif est très abordable ; Compter 15 € par jour pour un 43 pieds, taxe de séjour comprise, eau et douches inclues. En fait, la marina offre une nuit gratuite pour tout passage, mais dans les calculs, ce sont 3 nuits gratuites qui nous ont été comptées sur chacune des deux factures de 13 jours.

Entrée du Yacht Club
créée par l'armée du temps des essais nucléaires en Polynésie

La marina est petite mais proche des commodités (centre commercial Carrefour à côté) et proche aussi de Papeete. Nous sommes sur la commune d’Arue et pouvons prendre le bus pour rejoindre Papeete en quelques minutes pour 200 XPF par personne (1,70€). L’arrêt de bus est à la sortie de la marina, sur l’avenue, il y a plusieurs lignes qui vont toutes à Papeete. Bref l’idéale.

On a beau dire, c’est plaisant de retrouver un grand supermarché français pour faire les courses. C’est l’occasion de retrouver beaucoup de nos produits habituels comme le fromage et autres mets que nous n’avions pas consommés depuis bien des mois. En temps normal on évite ces temples de la consommation, mais la « modernité » a quand même certains avantages…

La semaine suivante nous louons une voiture pendant une semaine pour faire le tour de l’ile et découvrir toutes ses richesses (compter 40 € par jour minimum pour la voiture, soit 2 fois moins chère qu'aux Marquises).

Retrouvez  ci-dessous quelques photos de nos parcours.


Vue sur Moorea, l'île d'en face au Nord Ouest

On est en forme, toujours la pêche

Jardin du musée de Tahiti
(musée fermé pour rénovation en 2021)

Tiki de Tahiti,
on croit reconnaître la statue de l'oreille cassée de Tintin

Le modernisme est arrivé

Art local moderne

Tiki épuré

Les baleines viennent souvent entre juin et novembre pour mettre bas.
On les retrouve donc fréquemment dans l'iconographie locale.

Visite de Marae, temple local correspondant au Paepae des Marquises
réalisé en pierres volcaniques (tuf)

Plusieurs grands plages de sable noire offrent des spots de surf
comme ici à Taharuu (côte Ouest)

Promenade des 3 cascades
à l'ombre de la canopée


Les fonds de vallée sont très humides, voir frais

Aménagement pédestre au trou du souffleur
(trou dans la roche qui expulse de l'air puissant selon l'entrée des vagues)

Vive les tropiques et ses couleurs sanguines

Vue du belvédère de Pirae, au loin Papeete et sa marina 
à gauche l'île de Moorea


Belle petite marina en plein centre ville de Papeete

Ersatz de couteaux "Laguiole" incrustés de nacre locale
(dans une vitrine à Papeete)

Il faut aussi que l’on vous dise que nous avons décidé de mettre en vente notre bateau Unavoq pour acheter un catamaran. En cette période un peu compliquée (crise COVID oblige) il est difficile de poursuivre l’aventure au-delà de la Polynésie comme nous envisagions de le faire. De ce fait nous aimerions aménager un bateau encore plus confortable notamment au mouillage. Les copains bateau rencontrés dans les Marquises ou les Tuamotu nous ont fait apprécier ce type de bateau que nous ne connaissions pas avant notre départ. Voilà, on a donc encore des rêves à réaliser même après un si beau voyage...

Nous avons rejoint Tahiti car c'est une île plus accessible pour les acheteurs potentiels, et pour nous c'est  l’occasion de trouver un autre bateau correspondant à nos critères.

A peine arrivés, nous commençons nos démarches auprès des différents brokers et regardons les opportunités. On se rend compte que cela va nous prendre du temps pour trouver l’oiseau rare.

Alors, étant donné les événements et le manque de bateaux à vendre, Alain envisage la possibilité de reprendre un travail. En ce début d’année scolaire, il envoie ces CV et une demande pour un poste de professeur de mathématiques. Très vite, il sera contacté et un poste lui sera attribué au lycée de Taiarapu à  Taravao (presqu'île de Tahiti) pour l'année scolaire 2021/2022.

Nous écrivons ces lignes depuis Taravao, où nous décidons de nous installer pour un an, au calme dans la baie de Phaéton (véritable trou à cyclone) au sud de Tahiti.

Dans quel projet on s'est encore embarqué !

mercredi 30 juin 2021

Polynésie : les Tuamotu (Fakarava)

Fakarava

Tag sur un mur de Rotoava, village principal de Fakarava
Beau résumé de son attractivité 

Fakarava est un des plus grands atolls des Tuamotu, son lagon mesure 30 miles de long (60 km) sur 11 de large (21 km). Deux passes permettent d'entrer dans le lagon pour trouver de très bons refuges contre les vents violents. 

Nous sommes arrivés par la passe Sud nommée Tumakohua (mais souvent appelée Tétamanu, du nom du village), après une très bonne traversée depuis Makemo. Ce n'est pas habituel de naviguer entre les iles dans de bonnes conditions, il faut le dire. Nous avons eu un fort courant qui nous poussait (parfois plus de 2 nds), et assez peu de vent : résultat, une moyenne de 6 nds assez confortable sans trop de vagues !

La passe se traverse sans difficulté à l'étale, sinon de gros rouleaux de vagues en interdisent l'accès facile : le SHOM détaille les horaires des marées de façon assez précise à Fakarava.

Vue aérienne de la passe Sud
(photo de drone)

Bungalows de la rive droite de la passe de Tumakohua

Hauts fonds de la passe Sud

Patoune en action photo tant les couleurs sont incroyables

Les grains sont fréquents en Mai-Juin,
ils font de superbes photos contrastées :)

Visite du village de Tétamanu, autrefois capitale administrative des Tuamotu
(ici l'ancienne demeure du résident français de 1880 à 1923)
Quasi désert maintenant que le village Nord est devenu le principal centre d'activité
Amis voileux, ici in n'y a aucun commerce si ce n'est quelques clubs de plongée dont l'un fait restaurant

La rue principale de Tétamanu, ambiance tropicale

Quelques "Lodge" (comprenez hotel rustique) hébergent des touristes
principalement pour la plongée

Le mouillage de la passe Sud n'est pas très protégé (sauf des vents du Sud); résultat cela peut rouler quand un vent de 20 nds souffle d'Est (ce qui est habituel). Noter qu'il est interdit de mouiller à l'Ouest de la passe, vers les bancs de sable rose. 

Nous sommes pourtant restés à la passe Sud une semaine, afin de plonger principalement. Il faut dire que la 4G passe très bien ici, l'antenne du village étant équipée haut débit. Plongée et photo égalent consommation de 4g pour partager les incroyables observations. 

Requins & Mérous

La passe Sud de Fakarava est mondialement connue pour ses requins et la reproduction d'innombrables mérous lors de la pleine lune de Juin. Pour ceux que cela intéresse, c'est le biologiste Laurent Ballesta qui l'a médiatisée avec 2 beaux reportages.

Je vous laisse juger en regardant nos photos :

Requin à pointe noir rencontré en snorkeling dans la passe Sud
Photo plongeur Alain

Banc de requins gris shooté à 30 m de fond dans la passe Nord
Photo plongeur Alain

Requin à pointe blanche shooté à 30 m de fond dans la passe Nord
Photo plongeur Alain


Requin à pointe blanche, shooté à 30 m de fond  dans la passe Sud
Photo Plongeur Jean-Pierre

Mur de requins, shooté à 20 m de fond  dans la passe Sud
Photo Plongeur Jean-Pierre

Les 3 frères requins, shooté à 30 m de fond  dans la passe Sud
Photo Plongeur Jean-Pierre

JP en action photo, shooté à 20 m de fond  dans la passe Sud
A droite un groupe de Mérous
Photo Plongeur Alain

JP en action photo, shooté à 25 m de fond dans la passe Nord
Photo Plongeur Alain


Requin shooté à 20m de fond dans la passe sud
Photo plongeur Guillaume

Groupe de Loches marbrées dans la passe Sud
(Epinephelus polyphekadion, ce sont des mérous)
Photo Plongeur Guillaume


idem

On trouve aussi beaucoup de requins dans la passe Nord, et même au village de Rotoava ils viennent sur la plage.

Requin nourrice (appelé aussi requin dormeur, « Nebrius ferrugineus »)
Photo Alain

Et la sécurité ?

Vous vous posez peut-être la question de savoir si nous avons pris des risques en plongeant avec les requins. 

Certain requins ne mangent que des mollusques, comme le requin nourrice. Le risque dans ce cas, c'est d'avoir la main aspirée par l'animal, et de ressortir avec un beau bleu (ils n'ont pas de dent). De toute façon, on ne touche pas les bestiaux, donc le risque est minime.

Pour les autres requins des passes Nord et Sud, il faut bien avouer que la première fois on est un peu parano. Un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche, en dessous, au dessus... bref, de toute façon ils sont là en un clin d'oeil venus d'on ne sait où. On s'habitue donc, puis on apprend sur leur comportement. 

Ne pas plonger dès que le soleil se couche, car la chasse commence alors. Nous ne sommes pas au menu, mais une erreur d'appréciation du requin (il ne voit pas très bien) et hop vous perdez un bout de pied facilement (copain voileux mordillé à Hiva Oa, il était tombé de son dinghy la nuit, bilan : un pied lacéré recousu). Les requins sont curieux et viennent vous voir, puis s'en vont une fois le repérage fait. La nourriture est très abondante ici, ils sont donc repus. 

Enfin, ce ne sont pas les espèces les plus dangereuses non plus, rien à voir avec un requin blanc ou un requin tigre. Nous avons plongé avec des plongeurs professionnels qui ont des centaines de plongées par an à leur actif. Aussi nous considérons avoir été raisonnable, maintenant, la raison a-t-elle toujours raison ? Vaste sujet que nous avions eu au Bac...

Pour la natation, nous avons observé les mêmes règles, en veillant à nager (ou à chasser, car le mérou c'est très bon) toujours par 2.

ici avec JP, retour de snorkeling sur des patates
noter que nous n'avons pas les mêmes protections naturelles contre le froid...

Hirifa

Au Sud- Est et à 1 heure de voile de la passe se trouve le mouillage très protégé d'Hirifa. Non protégé des vents d'Ouest, la houle devient à ce moment énorme et il n'y a pas de bonne protection ailleurs. On fait alors des ronds dans l'eau en attendant que cela passe, car cela ne dure pas longtemps normalement.

Mouillage d'Hirifa
Quand le vent tombe, le lagon devient un miroir

Il n'y a pas grand chose à Hirifa, sauf un prof de kite surf très ben équipé et un petit snack souvent fermé. Par contre les promenades sur le platier sont étendues et les snorkelings dans les patates ou longeant le platier très poissonneuses.

Coté rencontres

Nous vous avions parlé du Cata Cascade. Nous avions fait la route avec lui depuis Makémo, c'est un catamaran Belize 43 pieds. Alain & Maria vivent à son bord, et nous avons beaucoup partagé avec eux durant notre escale à Fakarava.

Cascade au moteur dans le lagon


Maria et Alain lors d'une promenade sur le platier

Visite de l'église de Tétamanu ensemble
(datée de 1850, première église catholique construite aux Tuamotu)

Initiation au Paddle à Hirifa

Patoune s'en sort plutôt bien

Une première réussie !

Avec Alain (de Cascade faut préciser),
changement du joint de carter de notre moteur Perkins

Vue aérienne du platier
A gauche le lagon
(photo de drone)

Sur le platier, on a trouvé un radeau balise AIS
que les pêcheurs étrangers utilisent
pour contourner les interdictions de pêche dans les eaux territoriales 

Soirée "Pasta" italienne avec de gauche à droite
Léo, Maria, Alain, Jean Pierre, Alain, Françoise

Léo a apporté la machine de son bateau pour faire des pâtes fraîches
On trouve de tout sur les voiliers...

Invitation : Jp revient pour la plongée

On sait recevoir sur Unavoq :)

Visite de JP entre 2 confiments



A la recherche de coquillages

Nos trouvailles lors des promenades sur le platier


Rotoava

Pour rejoindre le village principal (et donc refaire les pleins de nourriture / carburant) qui se trouve au Nord, il faut environ 5 à 6 heures de navigations à la voile.

De la joie d'utiliser la télécommande du pilote
Beau temps, mer plate, vent constant...


Quand le vent est bien orienté, c'est un régal de sortir les spinnaker / gennaker.
Le lagon est plat, et l'on file à 6-7 nds avec 8-10 nds de vent
ici nous avons sorti notre plus 
grande voile, le blister

Unavoq sous Génois, Patoune à la proue

Toujours quelqu'un à l'avant pour les navigations dans le lagon
même dans le chenal il y a des risques, les patates sont tout au bord

Intérieur de l'église de Rotoava
Toujours des oriflammes colorés et une décoration soignée
qui témoigne d'une ferveur religieuse remarquable

Visite de l'unique écloserie de Polynésie
On a réalisé un reportage visible
 => ici

La poste de Rotoava, avec un distributeur de billet pour carte Visa

Face au grand quai, le centre artisanal en jaune,
à droite la police municipale et derrière celle ci l'office du tourisme

Lodge en bord de plage à Rotoava, on peut manger les pieds dans l'eau

Bye bye


A savoir : 

Il y a 3 magasins d'alimentation à Rotoava, dont un est une boulangerie. Il y a aussi une station essence neuve, plusieurs restaurants, Fakarava Yacht Services qui propose de vrais services : recharger les bouteilles de gaz / taxi / Couture / Laverie / Internet / commandes ... On trouve de l'eau potable au robinet du hangar face au quai, le matin uniquement.

Il y a bien sur de nombreux centres de plongée, certains équipés en Nitrox : le tarif normal est entre 50 et 60 euros la plongée, les voileux profitant souvent de prix 10% moins cher (ne pas hésiter à demander). 

Possibilité de recharger vos bouteilles en demandant gentiment, à titre d'exemple j'ai payé 45 euros une plongée à la passe Nord (y compris la recharge de ma bouteille de bord) et 120 euros 2 plongées à la passe Sud avec transport depuis Hirifa (le transport Hirifa-Tétamanu coûtant à lui seul 25 euros A/R).

Pour l'organisation des plongées, bien indiquer votre niveau et demander le programme : ici les gens plongent tous les jours, et ce qui peut sembler facile devient vite galère à 30 m de fond. J'ai eu froid malgré ma combinaison et une eau à 27°. La passe Sud à des courants qui imposent parfois des plongées rapides en profondeur, gare au masque mal positionné ou à la stab qui ne se dégonfle pas de suite. Les plongées sont vraiment belles, mais par exemple certains clubs proposent 2 plongées de suite à une heure d'intervalle. Pour moi qui suis frileux, c'est trop fatigant ces 2 plongées d'affilées.

Il y a un dispensaire qui propose des créneaux de vaccination, y aller pour se renseigner. Patoune et moi même nous nous sommes fait vacciner ici afin de pouvoir éventuellement prendre l'avion facilement. On sait jamais...

Ce que l'on retiendra de Fakarava ? A coup sûr, la découverte des requins de récifs, et les incroyables plongées / snorkelings tant sur les patates du lagon que dans les 2 passes et finalement une démystification concernant les requins.