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jeudi 30 mars 2023

C'est quoi le principe d'une BLU ?

Je vous propose ici une synthèse rapide de ce qui différencie une émission radio en AM ou en FM, d'une émission en mode BLU. Etant novice dans le domaine des ondes, je voulais savoir ce qui caractérise une radio BLU et quel est son intérêt.

En cherchant sur Internet, on trouve des explications pour la BLU souvent résumées : Bande Latérale Unique, avec ou sans porteuse... mais cela n'aide pas à la compréhension, entendez par là toucher du doigt le phénomène. 

J'aime comprendre ce que je fais, aussi je voulais une explication certes simplifiée, mais qui parte d'un phénomène ondulatoire. Une radio émêt des ondes. Voilà le départ.

Une onde simple, peut être représentée par un graphique comme une vague, avec des crêtes et des creux dont le modèle se répète dans le temps. On nomme cette courbe une sinusoïde, car pour ceux qui font des maths, c'est la fonction sinus (ou cosinus).


Cette fonction est générée par le parcours d'un point sur un cercle, elle est donc périodique :




Pour transmettre un signal (une information), on va "moduler" cette onde, c'est à dire la modifier. Il y a plusieurs méthodes pour le faire, j'en retiens 2 :

  • Soit on change la fréquence de l'onde, c'est à dire on change l'intervalle de répétition du modèle, en gros on joue à l'accordéon avec le schéma ci-dessus. Vous faites tourner le cercle 2 fois plus vite, et le signal sera 2 fois plus resserré. Vous battez le tempo plus lentement, et les signaux seront plus espacés.
    Ici on compare 2 signaux sonores modulés en fréquence, 
    l'onde du haut se répète plus rapidement que celle du bas.
    (pour les musiciens, il s'agit d'une différence d'une octave)
  • Soit on change l'amplitude de l'onde, c'est à dire que l'on étire l'onde vers le haut et vers le bas et non plus selon l'axe horizontale, on obtient de la modulation d'amplitude (AM)

Animation temporel pour comparer les modulations :
en haut une onde de base,
en rouge on module l'amplitude
en bleu on module la fréquence


La modulation en AM et en BLU

Pour comprendre la différence qui existe entre un signal modulé en AM (modulation d'amplitude) et un signal modulé en BLU, le plus facile est d'observer comment se présentent les deux signaux sur l’écran d’un analyseur de spectre. Ici on ne parle plus de courbe représentative selon le temps (la sinusoïde), mais de courbe par rapport à d'autres fréquences.


Pas de signal ici

Là, on analyse une onde de fréquence de 3,5 Mhz,
 donc à droite ce sont des fréquences plus basses et à gauche des fréquences plus hautes

L'onde principale que l'on génère, celle qui servira de référence, est appelée onde porteuse. Si je la module simplement en amplitude, on sera en AM.

Si nous avons un émetteur en AM qui transmet sur la fréquence de 3,5 MHz, soit 3 500 000 Hz, en l'absence de modulation, nous voyons seulement le signal des 3,5 MHz.

Pour transmettre une information, par exemple de la voix, on va ajouter une onde à l'onde porteuse. Comme ce sont des fonctions mathématiques (sinusoïdales), on peut additionner / retrancher / multiplier les ondes. On obtient alors d'autres formes de courbe, et aussi des effets sur les fréquences adjacentes.

Si nous modulons les 3 500 000 Hz avec un signal de 200 Hz, sur les côtés de la porteuse centrale, apparaissent deux autres signaux :

Un sur la fréquence inférieure de :
3500 000 – 200 = 3 499 800 Hz
Et l’autre sur la fréquence supérieure de :
3500 000 + 200 = 3500200 Hz


Dans une modulation d'amplitude, le signal modulant (la voix, la musique, les données, etc.) modifie l'amplitude de la fréquence porteuse en fonction de son contenu. La partie du signal modulant qui correspond à des fréquences inférieures à celle de la fréquence porteuse est appelée la bande latérale inférieure (BLI, ou LSB en anglais), tandis que la partie du signal modulant qui correspond à des fréquences supérieures à celle de la fréquence porteuse est appelée la bande latérale supérieure (BLS, ou USB en anglais).

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Pour les matheux (sinon sauter ce paragraphe), on peut écrire que la tension du signal AM en fonction du temps, fonction notée P(t) s'écrit avec les paramètres suivants : 

U = tension crête de la porteuse sans modulation
u = tension crête de la modulation seule  
F = fréquence de la porteuse
f = fréquence de la modulante 
K = taux de modulation 

 alors 

  • P(t) = U. cos (2.π.F.t)                                                                                       sans modulation (onde porteuse)
  • S(t) = u. cos (2.π.f.t)                                                                                       signal modulant seul (signaux message)
  • Ce que l'on cherche : M(t) = U . cos (2.π.F.t) [(1 + K . cos (2.π.f.t)]            avec modulation, on mélange les signaux
Démonstration :
Moduler l’amplitude de ce signal sinusoïdal P(t) consiste à transformer son amplitude constante U en une fonction affine de la tension modulante U(t) de la forme a x + b :  
U(t) = [K . S(t) + U ]    où K est une constante .

Le résultat de cette modulation donne le signal modulé ayant pour équation : 
M(t) = [K . S(t) + U] . cos (2.π.F.t)     
on a simplement remplacé U par la fonction affine de U

M(t) = [K . U . cos (2.π.f.t) + U] . cos (2.π.F.t)            remplacement de S(t) par sa formule générale
M(t) = U[(1 + K. cos (2.π.f.t)]. cos (2.π.F.t)                  mise en facteur de U
M(t) = U . cos (2.π.F.t) [(1 + K. cos (2.π.f.t)]                CQFD (mise en forme pour facilité la lecture de mes élèves) :)
M(t) = U . cos (2.π.F.t) +  K . cos (2.π.F.t) . cos (2.π.f.t)  développement du dernier terme  

or (cos a) . (cos b) = 1/2 [cos (a + b) + cos (a - b)]     vous rappelez vous des cours de math du lycée :)

donc on obtient :
  • M(t) = U . cos (2.π.F.t) + (1/2) . K . [cos (2.π.F.t + 2.π.f.t ) + cos (2.π.f.t - 2.π.f.t)]
Décomposé (par distribution), cela donne bien 3 signaux que nous observons ci-dessus :

     M(t)  =  U . cos (2.π.F.t)      0,5 . K . cos (2.π.F.t + 2.π.f.t )        + 0,5 K . cos (2.π.f.t - 2.π.f.t)     
Signal de la porteuseSecond signal ( BLS )Troisième signal ( BLI )

En fait, K est l'indice de modulation qui caractérise l'amplitude du signal modulant.

Si le taux de modulation K est de 100%, alors la tension de la porteuse est le double de celle des deux bandes latérales. En terme de puissance (pour rappel la puissance est notée P = U . I donc proportionnelle à la tension U), la porteuse contient les 2/3 de la puissance émise, le reste étant pour les bandes latérales.

Cela signifie que pour une émission type de 150 w, la porteuse contient 100 w et chaque bande 25 w, d'où l'intérêt de travailler avec une seule bande latérale comme nous allons le voir ci-dessous.

Nota : pour les puristes, le signal SSB est généré par translation de fréquence de la modulante au moyen de la transformée de Hilbert, à la différence de AM qui est créée par multiplication de la porteuse avec la modulante. On n'utilise donc pas les mêmes fonctions mathématiques dans les 2 cas. 

Notez que cet article écrit après avoir longuement et laborieusement essayer de comprendre, est une vulgarisation comportant un exercice de maths appliqués afin d'introduire le sujet Radio Amateur auprès de mon jeune public au lycée. Bref, c'était pour mes élèves, mais je vous le partage volontiers car, comme d'habitude sur Internet, je n'ai pas trouvé de synthèse : j'ai du la faire moi même...

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Maintenant, si l'on choisit le mode LSB de la radio et que nous utilisons la même fréquence de 3 500 000 Hz pour la transmission, en la modulant avec un signal de 200 Hz, nous verrons apparaître sur l’écran, un seul signal HF à : 3500 000 – 200 = 3 499 800 Hz



Mode LSB : Lower Side Band
La bande la plus basse


En mode USB, nous avons le même signal mais de l'autre coté de la porteuse supprimée.


Mode USB : Upper Side Band
La bande la plus haute



Vous l'avez compris, le mode USB et LSB sont 2 modes de BLU dont on ne garde qu'une partie du signal. L'élimination des signaux de la porteuse et/ou d'une bande latérale se fait par un filtre électronique placé en sortie du mélangeur d'onde (on avait mélangé 3500 000 Hz et 200 Hz ci-dessus).

Inconvénient :

Pour écouter les émetteurs qui transmettent en BLU, il faut un récepteur qui permet de recréer la porteuse HF qui a été supprimée, voici pourquoi ceux qui tenteraient de les capter avec un récepteur AM classique ne réussiraient pas à décoder un seul mot.

Intérêts :

- Il faut beaucoup moins de puissance pour émettre en mode BLU, car le signal ne comporte pas l'onde porteuse : pas besoin d'énergie pour la générée, elle est enlevée par des filtres avant d'atteindre l'amplificateur précédant l'antenne émettrice.

- Le signal est dès le début filtré très étroit (on ne laisse passer qu'une bande étroite de fréquence que l'on veut ajouter), on parvient ainsi à réduire la “figure de bruit” donc la quantité de bruit. Même avec une mauvaise propagation (mauvais temps par exemple), les informations restent compréhensibles et sans trop de distorsion.


Conclusion

Le mode BLU est souvent utilisée sur les bandes de fréquences marines (et radio amateur) pour des communications longue portée. Les conditions d'émissions sont souvent difficiles en mer et l'énergie de bord comptée. 

On entend parfois dire que c'est une technologie "as been", comprenez dépassée, mais c'est un système radio très robuste et complètement indépendant des réseaux téléphonique ou satellite. 

Son coût d'utilisation est proche de zéro, elle permet d'envoyer aussi bien des échanges voix que data (mails ou fichiers météo) gratuitement. En comparaison, information d'avril 2023, la minute d'appel Iridium est de 2 $, pour un service identique en terme de débit...

Seul Starlink pourrait changer la donne (très bon haut débit), bien que son forfait de base soit à 150 € mensuel et qu'il dépende du bon vouloir de M. Elon Musk (il a déjà changé les prix des forfaits sans préavis...).

samedi 25 février 2023

Polynésie : Iles sous le vent (Raiatéa)

 


Contour de Raiatéa
Arrivés par la passe Sud Est de Raiatéa (passe Te Ava Moa), nous avons trouvé 3 bouées libres pour s'amarrer dans la baie de Hotopuu. La passe est courte, pas très large mais facile d'accès et bien balisée.

La première impression en ce début de saison (mois de novembre) est l'humidité ambiante. Les sommets de l'île retiennent les nuages et il n'est pas rare de se réveiller dans la brume le matin. Ce coté de l'ile est plutôt sauvage, verdoyant, peu fréquenté : tout ce que l'on aime. Le mouillage est profond et la pluie abondante, on ne se baignera pas : l'eau est marron sombre.

Mouillage sur bouées à Hotopuu

Le rendez-vous étant pris pour caréner, on ne restera pas. En fait, on doit sortir le bateau pour remettre en état le dessalinisateur dont la vanne d'arrivée d'eau est complètement rouillée, voire dangereuse car cassante : on craint de casser le passe coque qui est en plastique dessous. 

Le carénage est possible sur la côte Ouest où il y a 2 chantiers, donc de l'autre coté de Raiatéa. La navigation par le Nord se réalise dans le lagon, c'est donc avec une mer calme. Il n'est pas possible de faire le tour de l'ile en restant dans le lagon. La côte Sud est non navigable du fait de rochers et de trop peu d'eau.

Comme on passe devant l'aéroport, un panneau indique qu'il faut appeler le canal 12 pour informer la tour de contrôle. Personne ne répond à notre appel, et le JRCC de Tahiti que l'on joint sur le canal 16 ne sait pas de quoi on parle... 

La remorque de sortie d'eau

Sur les 2 chantiers nous avons choisi CNI, car ils nous ont répondu rapidement. Ils sont bien organisés et nous ont proposé un planing qui nous convenait. Il y a cependant des améliorations à faire les concernant :
  • Points positifs
    • Les plannings sont respectés, les intervenants étant planifiés (ce qui est rare de nos jours)
    • Le personnel est compétant et de bons conseils
    • L'accueil est bon
    • Le chantier est bien tenu
  • Points négatifs
    • Les douches et toilettes sont pour le moins peu ragoûtantes
    • Les intervenants sont taxés de 20% par le chantier, donc la facture aussi (c'est abusé là)
    • Il n'y a personne pour la remise à l'eau : c'est la première fois que je vois des remises à l'eau sans aucune des personnes étant intervenues sur le voilier. Et bien sur, il y avait 2 fuites aux passes-coque et c'était un vendredi soir. J'ai donc du me débrouiller seul pour trouver comment réparer durant le WE sachant que je ne voulais pas m'éterniser une semaine de plus à terre vu les tarifs (70 € par jour, c'est plus cher qu'un hotel). Bien entendu, CNI nous a facturé une nouvelle sortie en plus...
Les tarifs sont finalement très élevés : on avait caréné aux Marquises pour 3 fois moins cher !

Vue vers Taha'a


C'est un tracteur qui dirige la remorque hydrolique

Le chenal d'accès est étroit,
bien tenir compte de la direction du vent pour ne pas être déporté vers le ponton.
On serre le bord au vent.


La rampe de mise à l'eau

La météo est changeante,
c'est elle qui dicte le planning des peintures

Petit cocotier au chantier, un air de paradis :)

On décide de changer les bandes rouges qui ont bien vécues,
il faut donc gratter la colle sur le gelcoat et c'est super long
Compter une bonne 1/2 heure par mètre, et il y a 4 X 13 m à faire.

Bandes enlevées, c'est bien vide.
Catamaran = 2 coques => Quel boulot !
C'est aussi plus facile que sur un monocoque car c'est moins haut 
(pas de quille),
mais on est quand même les bras en l'air.

Jean Luc nous installe les nouvelles bandes

C'est plus propre avec des bandes

Le petit voilier rouge et noir sans mât
est le dernier voilier de Bernard Moitessier
Il semble bien petit entre tous ces bateaux plus moderne

Vue de l'attelage de mise à l'eau

Profil de la pente



Le vanne du passe-coque qui fuit

Les voisins nous prêtent une énorme clef anglaise
avec laquelle Alain peut démonter le passe-coque

Main droite, en gris, outil fabriqué à partir d'une plaque d'aluminium
Main gauche, le reste du joint pourri.
Cela vient doucement et l'on peut réutiliser le passe-coque démonté
Les pro ne s'embêtent pas, ils coupent tout (c'est plus rapide),
mais va trouver le même modèle ici...



Le gros trou du passe-coque WC arrière
La coque fait 5 mm d'épaisseur,
rien à voir avec notre ancien navire qui avait 2,5 cm de résine

Refection du champ de roulement de l'arbre d'hélice
Il y a un bon ajusteur à Raiatéa (c'est rare)
En bas, avant réfection, en haut après.

Temps changeant et WE sur la rampe de mise à l'eau


Réfection de notre dessalinisateur
ici, les 2 membranes qui délivrent 60 l/h

Démontage difficile, les embouts sont coincés, je les sacrifie.
J'avais prévu le coup et commandé 2 embouts au cas où

Coté haute pression, l'embout est plus facile à démonter
du fait de la pièce inox sertie

Doucement avec le maillet, la membrane sort

Juste la place qu'il faut dans l'atelier

Test après remontage : So goooood
On a toujours l'appréhension quand on fait soi même,
 car il y a 70 bars de pression dans le système

Notre voisin Phil, Canadien qui refait complètement un catamaran
Phil a été une aide précieuse pour fabriquer des outils sur mesure
(ici une cale de mât pour monter sur un winch)

Le catamaran de Phil et Ashley,
pas courant la couleur vert pomme et marron.

Dernier habillage d'Unavoq :
la pose du logo maison.

De nouveau au mouillage de Miri Miri

A noter : la ville principale de l'ile est Utuora. Elle est à plus de 6 km du chantier, mais la route est plate et le stop fonctionne pour l'aller. Pour le retour il y a des taxis, compter 1500 xpf pour la course (12 €). En ville on trouve de tout, et s'il n'y a pas, il est facile de faire venir de Tahiti. Nous n'avons pas testé les stations services, elles sont utilisables en voilier aussi (ponton).

Si vous avez besoin d'aller à l'aéroport, il y a un chenal assez large pour le dinghy qui y mène facilement depuis le mouillage en face du chantier (compter moins de 10 minutes de trajet).

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Nous écrivons ces lignes depuis Bora Bora, la perle du pacifique. Ce sera l'objet de notre prochain article.

lundi 26 décembre 2022

Antenne HF

 

Cet article traite de l'antenne HF, car lorsque j'ai monté le projet d'installation de la radio BLU à bord, j'ai trouvé bien des informations contradictoires qui ne m'ont pas facilitées la tâche.

La HF marine est une BLU (radio à Bande Latérale Unique, SSB en anglais). C'est une radio Haute Fréquence (HF) puissante qui permet notamment des échanges longues distances, de récupérer des fichiers météo (grib / fax / Navtex) et d'échanger des mails. 

A noter que pour les navires de plaisance battant pavillon français (c'est une exception française), la licence radio pour la HF marine est obtenue gratuitement et directement auprès de l'ANFR, comme pour la VHF. En dehors des eaux territoriales françaises, il faut passer l'examen du CRR (Certificat Radio Restreint) pour la VHF, mais rien n'est demandé pour la BLU. Vous utilisez alors le Call Sign de la VHF du navire pour votre BLU. Attention, ceci n'est valable que pour l'utilisation des bandes de fréquences marines...

En comparaison avec la VHF :

Propriétés BLU   VHF   Remarques
....................... ....................... ....................... .......................
Puissance en watt
150 w
60 w
20 w

25 w


En comparaison, la VHF portable n'a qu'une puissance de 5 w
Plage de fréquence
1,6 MHz
à
27,5 MHz
155,500 MHz
à
163,275 MHz
La BLU est une radio Haute Fréquence (HF). Certaines parties de la plage sont réservées aux radio-amateurs, d'autres sont réservées aux navires (de plaisance ou non)
Distance de communication
Le globe !
20 mn
Il faut que l'antenne soit en haut du mat pour une portée maximale de la VHF. En pleine mer, on parle de communication quasi en ligne droite.
La portée maximale de la BLU est atteinte la nuit, elle varie fortement en fonction des conditions météo et de l'activité du soleil. La propagation se fait par rebond sur l'Ionosphère et non en ligne droite. 

Poids de la radio
8 Kg
2 Kg
Pour la BLU, on doit ajouter un accordeur d'antenne (3 kg) et une antenne de 7 m (6 kg)
Longueur de l'antenne fouet
7 m
0,9 m
Pas facile de trouver une place pour la grande antenne ou la grosse boite de l'accordeur.

L'installation de l'antenne HF est une des 3 difficultés rencontrées pour installer tout le système BLU, les deux autres difficultés étant la configuration de la liaison BLU / Modem / ordinateur et enfin la manipulation de la BLU elle même (réglages).

BLU, Accordeur et Pactor reçus,
Il ne reste plus qu'à monter le tout.

Pour l'antenne, il existe principalement 2 types d'antenne : l'antenne filaire, souvent montée sur un hauban ou un pataras, et l'antenne fouet.

Nous avons choisi l'antenne fouet car sur notre voilier il n'y a pas de pataras (câble qui relie le mat à l'arrière du navire). On aurait pu tirer un câble, mais : 

- l'arrondi de notre grand voile gène pour une connexion à l'arrière (il faudrait un second mat)
- si la pose est sur le coté du mat, c'est trop près des haubans qui perturberont le signal

L'antenne est donc montée sur tribord arrière, loin de l'antenne AIS et de tout l'électronique de bord. 

3 antennes émettrices :
En haut du mat, la VHF
Au niveau panneaux solaires, l'AIS
Sur arrière tribord, la grande HF (BLU)

Une fois la radio installée, reliée à l'accordeur d'antenne lui même relié à l'antenne, il faut soit mettre à la terre l'accordeur, soit utiliser un contrepoids. 

Pour comprendre le phénomène, il faut avoir à l'idée que l'on alimente notre antenne par le bas. On envoie donc une onde depuis le pied de l'antenne. Mais cette onde a deux composantes : un partie va vers le haut de l'antenne, l'autre partie va dans la direction opposée. Il faut lui laisser donc un second chemin pour se propager, le risque étant que l'onde revienne perturber le signal (ou pire aille griller l'émetteur). On parle de rapport d'onde stationnaire : il doit être le plus bas possible.

C'est à ce moment que l'on trouve tout et n'importe quoi sur Internet. Pour ma part, j'ai respecté le mode d'emploi de l'accordeur Icom AT-130. Il est dit clairement qu'il y a deux méthodes pour que l'accordeur puisse fonctionner correctement :
  • Soit on connecte l'accordeur à une "dynaplate", sorte de plaque constituées de billes en bronze que l'on fixe à l'extérieur de la coque. Dans ce cas, c'est comme une mise à la terre. Il faut connecter la masse de l'accordeur aux vis de fixation qui traversent la coque. Inconvénients : 
    • la plaque coûte très chère (700 € pour une dimension correcte). Bien que cela s'appelle une mise à la terre, il ne faut surtout pas utiliser la masse du moteur ou du circuit électrique de bord car en plus d'un courant, des perturbations électromagnétiques vont circuler dans la masse. C'est comme cela que l'on grille son auto-pilote, ou que l'on perturbe les messages NMEA.
    • Si  vous avez une coque métal, vous pouvez directement relier à la coque mais il va falloir une isolation par "pont de condensateurs" de la connection pour empêcher l'électrolyse. Le "pont" va arrêter le courant électrique mais laisser passer l'onde électromagnétique : c'est le but. Il faut laisser la seconde partie de l'onde se propager et surtout éviter qu'elle revienne vers l'émetteur.
  • Soit on créé un faisceau radial (noté contrepoids) de câbles en cuivre qui devront avoir les caractéristiques suivantes :
    1. Perpendiculaire à l'antenne
    2. Il faudra autant de câbles que de fréquences visées
    3. Il faudra que chaque câble ait une longueur de 1/4 de longueur d'ondes visées
J'ai utilisé la seconde méthode car je pouvais facilement faire le contrepoids moi même. Pour le calcul des longueurs, j'ai utilisé la formule suivante tirée du mode d'emploi :

L = ( 300 / f )  x 1/4  avec  f   la fréquence que je voulais utiliser.

Par exemple, pour la bande des 30 m, fréquence 10.100 à 10.125 MHz, longueur d'onde 29,630 m, 1/4 d'onde représente 7,407 m, donc un fils de cuivre d'environ 7,4 m. Il ne sert à rien d'être précis, car de toutes façons on émet sur des plages de fréquence. Pour construire le faisceau de câbles, vous aurez besoin d'un câble réseau ethernet de 30 m qu'il faudra complètement démonter.

Ensuite on coupe les longueurs dont on cherche les 1/4 de fréquences et l'on rassemble le tout. Une des 2 extrémités de chaque câble est soudée pour former la tête de faisceau. Puis on incorpore le nouveau faisceau dans un tuyau de jardinage pour bien isoler les brins du reste du navire. Notre tuyau a été posé en cercle sous le pont entre les 2 coques de notre catamaran (diamètre du cercle environ 2 m).

C'est long de tout défaire / mesurer / rassembler

Avec ce système de faisceau, que l'on nomme Kiss SSB outre manche (acronyme de Keep It Simple Stupid), je réussi à très bien capter l'Australie, l'Alaska ou le Mexique depuis la Polynésie Française pour échanger des emails ou demander des fichiers grib.

Nota : Il existe un modèle commercial de ce faisceau que l'on peut acheter, il est nommé aussi KISS SSB, ce qui peut porter à confusion.

Du coup, sur Unavoq nous avons maintenant monté en tout 8 antennes :

En réception : 

Il y a 3 antennes GPS 
  • Une dédiée à l'AIS, comme prévue dans le norme (voir l'article dédié à l'AIS)
  • Une dédiée au calculateur du pilote automatique
  • Une intégrée au lecteur de carte
Il y a une antenne radar dédiée au Mer Veille (voir l'article dédié au Mer Veille)

Une autre antenne omnidirectionnelle pour la Télé (quel luxe !)

En émission / réception : 

Il y a 2 antennes VHF qui sont interchangeables, au cas ou un oiseau en casserait une par exemple ...
  • Une dédiée à la VHF (en haut du mat)
  • Une dédiée à l'AIS (transpondeur). Noter que la norme impose 3 m minimum entre 2 antennes VHF
Et enfin une antenne HF (BLU), qui permet les communications longues distances, l'Internet bas débit (mail & grib) et la réception des fax météo. 

A bord nous avons aussi un téléphone satellite Iridium avec son antenne magnétique, mais les coûts de communications sont prohibitifs (compter 150 € par mois). En comparaison, les communications HF (pour obtenir les fichiers météo ou échanger des emails) ne coûtent rien avec le system Winlink, et seulement 275 $ annuel avec le system Sailmail. Les deux systèmes sont équivalents, sauf que le premier utilise les fréquences dédiées "radio amateur", et le second les fréquences dédiées "marine". 

Les communications "voix" en HF sont bien entendues gratuites, c'est le même principe que pour la VHF.

Au fond, la soucoupe de l'antenne Télé
En biais, l'antenne AIS

Nota bene : Notre antenne AIS est installée en biais (non verticalement). En pratique, la portée de l'antenne sera un peu plus importante du coté opposé à l'inclinaison (donc vers l'avant du navire), et inversement de l'autre coté (moins de portée vers l'arrière, une partie de l'onde étant dirigée vers la mer)). C'est aussi un choix pour avoir plus de place pour manoeuvrer, l'antenne gênant moins quand elle est inclinée vers l'extérieur du navire (la bôme passant alors plus loin de l'antenne).


Fixation de l'antenne HF