vendredi 23 août 2019

Grenadines (de Saint Vincent) : Tobago Cays


Partant de Canouan, nous suivons les indications du guide des Antilles. La mer est agitée et le vent assez fort donc le bateau gite. Nous surveillons le profondimètre, très rapidement le fond passe de 30 m d'eau à 10 mètres avec de part et d'autres des récifs apparents autour de nous.

Cartes issue du Tobago Cays Marine Park
On doit faire attention à ne pas s'écarter de la route figurant sur les cartes marines : un cap à suivre y est indiqué, il permet d'éviter les écueils.

Heureusement la traversée n'est pas longue (2 heures). Le vent n'étant pas favorable, on fera une partie de la traversée à la voile et la dernière partie au moteur face au vent.

Après avoir laissé Mayreau sur notre tribord, nous prenons le cap au 142 ° pour les Tobago Cays. On aperçoit au loin un petit regroupement d'iles. On y arrive... c'est le paradis.

Il y a du vent (plus de 20 nds) et un fort courant entre les iles aussi comme il y a des bouées de libres on décide d'en prendre une. C'est pratique de venir en basse saison, car du coup il y a de la place. Sinon, il paraît que c'est bondé de monde.

Unavoq entre deux ilets :
l'ile nommée "Petit Bateau"
et en face
l'ile nommée "Petit Rameau"

Pour bien se rendre compte de la configuration des iles, on part en faire le tour en annexe.  Plages blanches de sable fin, lagune verte, barrières de corail et rouleaux de vagues sur les écueils, le spectacle est très esthétique et digne d'une carte postale. 

Une des plages de "Petit Rameau"
Ce qui est un peu moins glamour, c'est le sable qui s'immisce un peu partout quand on rentre de la plage. On préfère nager depuis le bateau, c'est beaucoup moins salissant. On ne va pas se plaindre non plus...


Plage de l'ile "Jamesby"
On en profite aussi pour monter aux sommets des petites iles tant le spectacle est charmeur. Il y a toujours un petit sentier pour y arriver. 

Au sommet de l'ile nommée "Petit Bateau"
41 m de haut
Cerise sur le gâteau : la faune locale est facilement visible, tant sur les iles que dans l'eau. Ce sera un festival animalier qui s'offre à nous : iguanes, raies, diodons, pelicans, lézards, carangues ...

Grand Iguane vert
Iguana Iguana
(50-60 cm sans la queue)

Autre iguane vert même s'il est gris...
Il vient faire les poublelles
Dasyatis americana
plus communément appelée Raie Pastenague
Notre permis de navigation d'un mois expirant, nous sommes obligés de repartir vers Union afin de faire notre clearance de sortie. Le visa est valable 6 mois, mais pas le permis. Nous serions bien restés plus longtemps dans ce petit paradis, mais ce n'est pas plus mal de bouger car la météo va se gâter : une onde tropicale (entendez par là coup de vent et grosses pluies) est annoncée dans deux jours, le temps pour nous de nous mettre à l'abris sur l'ile d'Union.

Union sera donc notre porte de sortie de St Vincent et notre prochain post.

Petit cadeau : le film d'une promenade au fil de l'eau dans la lagune Cliquer sur ce lien ici

mardi 20 août 2019

Grenadines (de Saint Vincent) : Canouan

Canouan

Après quelques jours passés à Béquia, il est temps pour nous de continuer notre route vers le Sud. Nous poursuivons notre découverte des Grenadines par l’ile de Canouan.

Heureusement la navigation n’est pas trop longue car la mer est agitée et le vent souffle par rafales, bien plus que prévu. On est donc un peu chahuté.

Charlestown bay
Nous atterrissons à Charlestown bay. L’entrée de la baie n’est pas si simple, il y a des bancs de coraux et des récifs qui nous contraignent à suivre les indications fournis par nos cartes marines. Mais Alain est un expert dans ce domaine et nous rentrons dans la baie sans aucune difficulté. Son œil de géomètre est bien utile dans les navigations un peu hard dans ces iles.

Nous mouillons dans la baie sur la gauche. Le coin est tranquille, seulement 3 bateaux au mouillage. Nous profitons de l’endroit pour prendre un bain bien mérité et vérifier notre ancre (c'est une bonne habitude pour dormir tranquille). Nous sommes un peu déçu par la pauvreté du fond, seulement de l’herbe à tortue et peu de poissons.
Nous décidons de prendre l’annexe et partons faire un tour sur l'ile.

Le ponton du grand complexe hôtelier étant fermé par une grille hérissée de pointes, nous sommes obligés de "beacher" l’annexe sur la plage à coté du ponton des cargos. C'est toujours ennuyeux de mettre l'annexe sur une plage quand on va se promener, car on a alors les pieds mouillés et du sable partout. 

Comme nous sommes Dimanche, il y a beaucoup de monde sur la plage. Nous sommes bien accueillis et plusieurs personnes viennent nous aider à remonter l’annexe.

On part sur la route et remontons vers le centre du village. Peu de chose sont ouvertes. C’est un village en expansion. Beaucoup de construction sont en cours. Un projet de marina avec un grand centre hôtelier est en train de voir le jour au sud de la baie.

Noter la taille des rigoles qui doivent drainer les rares pluies diluviennes
Au premier abord, on se rend compte que l’ile est très aride. Il n’y a pas d’eau et l’on comprend mieux l’état de sécheresse que nous découvrons. Les habitants ont l’air assez démuni. Le charpentier du coin nous explique que beaucoup d’investissements sont faits avec des compagnies européennes et qu’il y a peu de retombées financières pour les habitants de l’ile.

Le haut du village est accessible par un route assez raide, en plein soleil, mais heureusement courte. Au sommet nous apercevons  la barrière de corail qui entoure l’ile côté Atlantique.

Chemin faisant, nous découvrons d'autres habitants de l’ile : ce sont des tortues terrestres. Elles occupent une grande partie du territoire avec les chèvres. Elles sont en liberté et circulent le long des chemins et autour des maisons.
Chelonoidis carbonaria,
la 
Tortue charbonnière à pattes rouges
En redescendant, on s‘arrête à une petite boutique ouverte où on achète des fruits. Il y a aussi en vrac des couches, des bières, des outils, des bonbons, … et de la marijuana (Cannabis). On passera un bon moment à prendre un verre et à discuter avec plusieurs personnes du village dans la toute petite boutique. Ambiance Rasta.

Ils étaient intéressés par Paris qu’ils connaissaient par la télévision. C’est un rêve pour beaucoup de venir visiter cet endroit. Un bon moment de partage, la fumée a dû aider aussi...

Nous passerons la soirée à bord d’Unavoq , un peu secoué par le vent qui a repris. C'est un vent qui circule au raz de l'eau, et que l'on voit bien arrivé en observant les risées sur l'eau. L'anémomètre situé à 18m de haut ne le voit pas. Il passe violemment et fait tourner notre bateau comme une girouette.

Demain nous partirons pour les Tobago cays.

samedi 17 août 2019

Grenadines (de Saint Vincent) : Béquia


Port Elisabeth

Depuis la plage, que c'est beau le soir vers 5h30
Nous quittons la baie de Blue Lagoon pour l’ile de Béquia et plus précisément Port Élisabeth. Béquia fait partie de l'archipel des Grenadines, mais appartient à Saint Vincent les Grenadines. C'est toujours un peu perturbant, mais les iles des Grenadines sont réparties entre 2 nations : Saint Vincent et les Grenadines au Nord et Grenade au Sud.


Nous avons 8 miles à parcourir. Quelle belle traversée ! Un peu de vent, des voiles bien réglées, une mer calme et surtout un courant favorable. On traverse à 6 nœuds avec un vent de 10 nœuds.

Mais hélas, lorsque nous entrons dans la baie, nous sommes accueillis par une pluie diluvienne qui nous masque totalement la vue. Même à l’avant sous la pluie, ce n’est qu’un mur blanc sans aucune visibilité.

Nous continuons d’avancer à faible allure en espérant que le voile va se lever. Après quelques minutes, cela commence à s’éclaircir. Nous distinguons quelques bateaux au mouillage au fond de la baie. 

On s’ancre devant une belle plage de sable blanc avec une mer transparente de couleur verte émeraude, où l’on voit les poissons par 8 m de fond. Un vrai régal ! On oublie vite les mauvais moments car on a juste envie de plonger dans l’eau pour aller voir l’ancre et profiter du spectacle.

Après la baignade, nous partons en annexe découvrir Port Élisabeth.

L’annexe est laissée au ponton des Dinghies (ponton à droite des débarcadères des rouliers). La petite bourgade est accueillante et colorée avec ses échoppes, ses bars et ses restaurants. On y trouve également de nombreux magasins d’alimentation et des boulangers. Il y a aussi un « chandeler » pour les bateaux, très bien achalandé en matériel de toute sorte (certes un peu cher quand même).

Ponton aux dinghies
L'eau est tellement claire sous notre annexe

On profite pour aller prendre un cocktail en haut, au bar restaurant  « Papas » où l’on déguste un très bon Morito pour Patricia et un chocolat glacé pour Alain. La vue et le calme sur la baie sont magnifiques.

Le lendemain, nous partons à pied pour découvrir le Fort Hamilton. C’est une petite marche de 20 minutes qui remonte le long de la baie à gauche. L’endroit est agréable et  on a une très belle vue sur toute la baie. En haut un kiosque vous accueille pour se mettre à l'ombre ou à l'abris de la pluie.


En haut du fort Hamilton
Fort Hamilton qui domine la baie

La journée suivante nous partons de bonne heure pour aller à pied au sanctuaire des tortues nommé Old Hegg. En effet, le prix demandé par les taxis est de 80 à 90 EC (environ 30 €) pour faire 5 km. (Ce prix nous a paru déraisonnable pour le peu de kilomètres. Il n’y a pas de « collectivo » pour aller dans cette partie de l’ile). 

La balade est très agréable, bien ombragée. On sort rapidement de la ville pour se retrouver dans la forêt peuplée d’iguanes et de lézards qui surgissent ou traversent devant nous.

Chercher l'iguane en bord de route
Sargasses en marrons sur la gauche

Après ¾ d’heure de marche sur une route déserte, nous arrivons dans la crique du sanctuaire aux tortues. On découvre des bassins où nagent des tortues de différentes tailles. La plus vieille a, selon le guide, 90 ans. Il faut dire que ces demoiselles ont une espérance de vie de 200 ans.`

Tortue à écailles
Eretmochelys imbricata
On apprend que c’est une espèce de tortues en voie d’extinction. Leurs œufs sont ramassés et les tortues sont élevées dans le sanctuaire pendant 4 à 5 années. Puis elles sont  remises à l’eau, on l’espère pour une longue vie. Le prix de la visite est de 15 EC par personne (5 €). Cela sert à l’entretien des tortues qui sont carnivores (mollusques, crabes, crustacés…).
On profite de cette balade pour découvrir l’autre côté de l’ile. Hélas là aussi il y a des quantités de sargasses qui recouvrent de magnifiques plages. Quel dommage !!!

De retour en ville, on va manger local chez un Rasta qui tient un petite cabane blanche à coté du marché aux légumes. Il fait de bonnes soupes végétariennes avec les fruits de l'arbre à pain, des lentilles, des carottes, de la coco... 5 € pour 2 et bien réhydratés, nous sommes ravis.

On fera aussi d'autres rencontres notamment avec les femmes des échoppes de vêtements. L’une d’elles nous expliquent qu’elles font à la main la plupart des vêtements exposés et cela avec de vieilles machines à coudre. Un moment fort pour Alain qui prendra du temps pour expliquer à cette dame comment régler sa vielle machine de marque « Brother ». (Elles ne connaissent pas le réglage de tension de la canette par l’utilisation de la petite vis). Je crois qu’elle se rappellera de ce « frenchie ».

Départ du Foxy Lady
Nos amis du Foxy Lady sont venus nous rejoindre à Blue Lagoon. Ils nous ont suivis à Béquia et ont décidé de continuer leur route vers l’ile de Carriacou. Ils nous quittent au matin pour aller faire le carénage de leur bateau avant de poursuivre leur route.

Voisin de mouillage très esthétique

On les rejoindra dans quelques jours puisque nous souhaitons continuer notre tour des iles des grenadines avant de nous diriger vers Carriacou.

Fort des expériences précédentes nous décidons de prendre un « collectivo » pour aller visiter le musée des baleines situé de l’autre côté de l’ile sur la route de l’aéroport. On nous dépose devant le musée.

Hélas, on apprend que celui-ci a déménagé et se trouve dans la baie de « Friendship bay ». Nous voilà donc repartis à pied pour retraverser la baie.

Après plusieurs minutes de marche où l’on découvre de magnifiques baies et plages, on arrive enfin à ce nouveau musée qui est fermé. On prend quelques photos à travers les grilles et l’on repart sur les routes très pentues et très ensoleillées.

Nouveau musée

Intérieur du musée

Heureusement nous croisons un camion benne qui s’arrête à notre hauteur et propose de nous reconduire en ville. Quelle chance ! On était un peu fatigués de cette matinée de marche en plein soleil.

Arrivé en ville on ira se restaurer avec du poulet grillé au barbecue et une bonne boisson fraiche. Pour nos amis voileux, tous les vendredi et samedi il y a un barbecue local du coté du ponton des dinghies. Prix local et bonne qualité, rien à voir avec les restaurants hors de prix du bord de mer.

Marché aux poissons
On achète 2 filets de perroquet phase bleue
Chaires fermes et goûteuses

En ville il y a 2 maquettistes qui réalisent des miniatures de voiliers de leur imagination. Ce sont de belles réalisations, dommage que l'on n'ait pas la place à bord.





Nous écrivons ces lignes depuis l'ile d'Union, porte de sortie des Grenadines. Bientôt nous serons donc dans les iles de Grenade.

Unavoq au mouillage avant de partir sur Canouan
Notez la boule noire suspendue à la balancine du tangon (pont avant),
elle signifie que nous sommes au mouillage.