jeudi 15 août 2019

Saint Vincent : Blue Lagoon

Blue Lagoon

Le bien nommé lagon bleu
Notre panne de moteur nous donne l’occasion de découvrir cette partie sud de l’ile de Saint Vincent. Juste à l'Est de Kingstown, nous sommes au mouillage à côté de la passe latérale qui permet l’accès à la marina située au fond de la baie. Les fonds sont superbes, nombreuses variétés de poisson dont le poisson lion.
Par contre il y a beaucoup de cailloux qui accrochent la chaîne. Nous irons plonger quasi tous les jours, Patricia étant maintenant à l'aise en palmes & tuba.






Vue sur la marina
Mouillage et marina aussi rouleur l'un que l'autre

A l’aide de notre annexe nous partons découvrir la petite marina. Un hôtel y occupe une grande partie. Plusieurs restaurants dont un à gauche propose des spécialités locales (ouvert seulement à partir de 14 heures). Également sont présents une épicerie et un service de nettoyage pour les vêtements (mais c'est un peu cher, 22 € la machine de 8 kg... séchée et pliée).

Terrasse & boissons pour oublier les déboires mécaniques
Ce sera l’occasion de prendre un verre au bar local avec vue sur Unavoq au mouillage et cocotiers. Après ces quelques jours d’attente des pièces et de réparation, on retournera à la marina pour déguster au « Café soleil » leurs hamburger et surtout leurs sorbets rhum raisins. Un vrai délice !!! 




Boisson locale servie dans des bocaux de confitures

De l’autre côté du lagon se trouve Young island qui est une ile privée occupée par un complexe hôtelier de toute beauté. On ira prendre un verre au bar au bord de la plage, comme sur les plus belles cartes postales. On en profitera pour aller se promener dans ce parc magnifique, luxueux. Le prix d’un cottage pour une nuit est de 450 US$ et le prix d’un dinner est de 70 US$ par personne. Un peu cher pour notre budget surtout en ce moment avec la panne qui va nous couter un bras.

Complexe hotelier de Young Island
Plage privée mais accessible au public


C'est la couleur de la roche qu'il faut voir :)
Derrière cette ile se trouve un gros cailloux de roche volcanique rouge (peut être du type  latérite), surmonté du Fort Duvernette. C’est un magnifique endroit accessible seulement en annexe ou avec une navette.  Il y a d’ailleurs un ponton en béton qui permet l’accès. Un escalier de  255 marches nous conduit en haut où il ne reste que des canons, seuls vestiges de ce lieu. De là-haut, nous avons une magnifique vue sur les deux baies et sur les fonds marins si limpides. Ce site est d’ailleurs un endroit recommandé pour la plongée et le snorkling.

L'escalier raide aux marches inégales
On profitera de cette excursion pour faire un tour en annexe dans l’autre baie, mais amis voileux attention beaucoup de hauts fonds à fleur d’eau qui ne permettent pas le passage même en annexe. La côte est vraiment très jolie.

Le soir nous dégustons notre première langouste fraîche. C'est excellent, chaire ferme et grande quantité à manger pour 2. Juste avant de l'ébouillanter, nous l'avons occis avec le couteau de plongée car la bestiole étant très vivace nous craignions de nous ébouillanter nous même tant elle remue.

La queue est coupante et très vivace
Un bon kilo et demi
Notre plus grande cocote est bien petite...

Comme nous sommes pas loin de Kingstom, la capitale, nous prenons un collectivo pour 2EC par personne. Le trajet est épique. Nous sommes au moins 19 personnes à bord pour un maximum véhicule de 12 personnes. C’est impressionnant et guère confortable mais c’est le folklore. C'est aussi un lieu de rencontre et d'échange.
On nous dépose au marché aux fruits et légumes. La ville fourmille de monde, beaucoup d’odeurs et de bruits.

Surprise culinaire dans ce pays anglo-saxon
Nous profitons pour nous promener dans la ville et parcourons les rues pleines de boutiques de toutes sortes. On trouvera notamment des petits ventilateurs non bruyants en 5 V pour le bateau à 8 EC. Ils fonctionnent sur USB, ce qui demandera une petite adaptation électrique à bord car nous utilisons normalement du 12 v.

C’est l’occasion aussi de faire nos achats de fruits et légumes que nous ne trouvons pas à Calliaquat.  On profite aussi du marché aux poissons pour acheter un poisson frais que le pêcheur nous découpera en filet. Un vrai régal.




Vue depuis les hauteurs du ponton de Barrefoot Charter
Notre vie est rythmée en fonction de l’avancement des travaux. En fin de journée nous partons à pied à la petite ville du coin : Calliaquat. C’est une petite ville avec quelques boutiques  d’alimentation et des bars. On ira visiter l’église et boire un verre mais impossible de trouver des fruits et légumes frais. Renseignements pris, on nous indique qu’il faut prendre le collectivo et se rendre à Massi (le seul grand supermarché du coin, situé à mi-distance de Kingstown).

Pour revenir, nous découvrirons un chemin qui mêne sur les hauteurs puis permet de redescendre sur le ponton de Barrefoot Charter. Cela permet d'éviter la remontée par la route sinueuse et dangereuse (pas de visibilité aux virages).

Le lendemain, nous prenons un collectivo et découvrons le supermarché Massi (1EC par personne). Effectivement c’est un grand supermarché qui permet de faire le plein de denrées fraiches. A l’extérieur du supermarché plusieurs stands tenus par les locaux proposent des fruits et légumes à des prix abordables.

Nos amis du Foxy Lady partis quelques jours après nous, viennent nous rejoindre. On est content de retrouver des amis et d'échanger les bons plans. On passera quelques jours avec eux à Blue lagon avant notre départ pour Béquia en leur compagnie.

vendredi 9 août 2019

Saint Vincent : Chateaubelair

La panne

Drapeau de St Vincent et les Grenadines

Le canal entre Sainte Lucie et Saint Vincent est soumis à de forts courants et parfois de grosses vagues. A la sortie de la Soufrière on remonte le courant plein Est pendant une heure avant de bifurquer plein Sud vers Saint Vincent. Le vent tourne plusieurs fois et finit par tomber en plein milieu du passage. On démarre le moteur. Au bout de 20 minutes, le moteur s'emballe. Je réduis les gaz, dé-enclenche la marche avant puis ré-enclenche la vitesse. Le moteur retrouve son régime normal. Etrange, on aurait dit que la marche avant s'était dé-embrayée. L'aurais-je mal enclenchée ?

Le vent revient, on remonte les voiles et on coupe le moteur pour le reste de la traversée. Un bon vent nous pousse vers le Sud, et l'on sent qu'un courant nous accompagne : la vitesse d'Unavoq monte à 6,5 nds, ce qui est une bonne moyenne. Normalement, avec 12 nds de vent, on se déplace à 5 nds.

Le ciel est chargé pendant la traversée
Au fond les 2 pitons de Sainte Lucie
A l'approche des côtes, soudain le vent cesse, et l'on re-démarre le moteur. Et là, le moteur cale quand j'enclenche la marche avant. Je remets au point mort, et j'enclenche la marche arrière. Puis j'essaie à nouveau la marche avant. Même résultat, le moteur cale. Nous avons l'impression que l'hélice est bloquée. Aurions-nous pris un filet ou une ligne flottante dans l'hélice ? Pourtant, au point mort je peux tourner l'arbre d'hélice à la main. Cela me semble grave comme incident. Au troisième essai, boite au point mort, le moteur ne démarre plus : catastrophe, il semble que la boite de vitesse se soit bloquée.

Les forts courants et la proximité de la côte nous poussent à agir rapidement. On décide de mettre l'annexe à l'eau (elle était sur le pont avant), puis de monter le moteur 6 cv qui lui était à poste sur le balcon arrière. Souci, il y a des vagues de 1,5 m qui nous arrivent par derrière. C'est acrobatique, l'annexe est soulevée alors que le moteur est fixe par rapport au bateau. Impossible de monter le moteur facilement depuis l'arrière. On déplace l'annexe à couple (sur le coté bâbord, coté de la terre pour bien voir les obstacles) puis on descend rapidement le moteur entre 2 vagues. 

Ouf, au second essai, on est synchro entre Patricia et moi, et le moteur se place sur le tablier arrière de l'annexe. Une amarre relie les 2 embarcations, et l'on démarre le 6cv. 

Unavoq pèse environ 15 tonnes en charge, et notre annexe 36 kg à vide. Avec le moteur, la nourrice pleine et une personne à bord, on arrive à peine à 150 kg. Au début Unavoq bouge lentement, puis petit à petit il prend de la vitesse. On arrive finalement à 3 nds, ce qui est amplement suffisant pour rentrer dans la baie de Chateaubelair face au vent.

A couple, barre moteur 6 cv coincée
je suis devant pour équilibrer l'annexe
Mouillage de Chateaubelair
8 m de fond devant les cocotiers
Une fois au mouillage, on décide de trouver un mécanicien pour confirmer la panne. Diagnostique du mécano : plus aucune huile dans la boite, boite bloquée et impossible pour lui de réparer. Je prends le taxi collectif pour aller à Kingstown, la capitale de Saint Vincent. L'idée est de chercher un mécano et des pièces. Au chantier naval, situé à Hottley Hall, impossible de trouver un mécano : il y en a un, mais son planning est surchargé. Il faut dire que le chantier vient de rouvrir, ils sont encore dans les inventaires... Par contre, le patron me trouve un mécano chez un charter à Blue Lagoon, de l'autre coté de Kingstown. Virgile de Barrefoot Yackt Charter peut me prendre la semaine suivante. 

Souci : comment venir en bateau à Blue Lagoon sans moteur, sachant que le long des côtes est dangereux (nombreux rochers), sans vent et avec des courants forts ? Nous risquons d'abîmer l'annexe en forçant l'allure pendant 4-5 heures de navigation. Cette annexe est importante pour nous ; c'est notre unique moyen de communication avec la terre et un bon secours en cas de panne. Il nous faut la ménager.

Le Remorquage

Un premier contact avec les pêcheurs du coin nous permet d'essayer de négocier un remorquage jusqu'à Kingstown. Mais le pêcheur intéressé est gourmand, il en veut 1000 EC plus les frais d'essence, soit 300 EC de supplément. Cela représente 430 € au total. On trouve l'addition trop salée, aussi on renonce. Le lendemain, un autre pêcheur, à qui on avait donné un masque de plongée la veille, nous met en contact avec un de ses amis. C'est un jeune pêcheur a qui nous proposons 300 EC (100 €) pour la journée de travail plus les frais d'essence. Il trouve cela correct, et il nous prend en charge. 

On utilisera notre amarre de 50 m en gros diamètre pour le remorquage. Il ne veut pas se mettre à couple, aussi on montera une patte d'oie sur sa barque et une autre sur Unavoq. L'amarre est assez souple pour amortir les chocs, et assez longue pour que la barque reste stable. Ses 40 cv de moteur deux temps suffisent pour nous lancer, nous ferons une moyenne de 3 nds sur 5 heures malgré les courants et le vent contraire. 



Le pêcheur se fait appeler "Marley" (prononcer Marlie à l'anglaise), de son vrai nom Dammi Samuel. Pour les voileux qui s'arrêtent à Chateaubelair, n'hésitez pas à le rencontrer. On a apprécié l'utilisation de nos Talkies Walkie durant le remorquage : ils nous ont permis de garder le contact avec le pêcheur malgré les bruits de son hors-bord.

Le long des belles côtes de St Vincent

Arrivés à Blue Lagoon, la seconde baie après Kingstown, nous mouillons juste devant le ponton de Barrefoot Yackt Charter dans 3m d'eau. La réparation se fera à flot, une première pour nous.

Le ponton de Barrefoot est au pied de la maison aux volets jaunes à droite

La Réparation

Le presse étoupe à droite
L'arbre d'hélice à gauche
Pour la petite histoire, c'est la première fois que je recule l'arbre d'hélice alors que le bateau est dans l'eau. Le presse étoupe (qui empêche l'eau d'entrer dans le bateau en longeant l'arbre) n'a pas à être touché, on tourne juste lentement l'arbre à la main pour reculer l'hélice. Cela libère la place pour reculer la boite de vitesse et la sortir.



La boite de vitesse
sortie avec Virgile le mécano


Virgile démonte la boite

A l'aide d'une presse il sort les engrenages 
J'aurais du contrôler le nivaux d'huile, car sans huile les roulements sont bloqués et les disques de la "crapaudine" sont usés. Il faut donc changer : les roulements, les joints et les disques.

L'addition coûte plus de 1000 € rien que pour les pièces, ajouter 500 € de main d'oeuvre et des réglages délicats avant de pouvoir remonter la boite. On opte rapidement pour remplacer la boite par une boite d'occasion. Une première boite nous est proposée par un local, mais le niveau d'huile est insuffisant et l'on craint qu'elle ne fuit. Faudrait pas avoir à la re-démonter la semaine suivante, vu le travail que cela demande.

J'en trouve deux autres identiques au Marin en Martinique chez Mécanique Plaisance. Dream Yackt Charter accepte de nous l'apporter gratuitement en fin de semaine car ils ont des clients qu'ils emmènent à St Vincent. Coût de la boite d'occasion : 400 €.

Reste à la remonter, et ce n'est pas facile car sur 6 vis, les 2 du bas sont des goujons. On n'arrive pas à aligner le pignon de la boite quand les orifices en face des goujons sont encastrés. Virgile finit par enlever les goujons, et la boite rentre facilement. Il mettra 2 vis sur mesure pour remplacer les goujons. Coût de la main d'oeuvre pour m'aider : 350 € plus 150 € de prise en charge (hic). On s'en tire avec un addition totale de 900 € ; nos économies en prennent un coup. Cela fait cher le litre d'huile oublié...

Bilan : 

Nous avons ajouté un contrôle avant chaque départ au moteur. On fera donc :

- le niveau du liquide de refroidissement
- le niveau d'huile moteur
- le niveau d'huile de la boite de vitesse

Deux litres d'huile spéciale boite automatique viennent s'ajouter au stock des réserves.


La nouvelle boite remontée
A gauche le cul du moteur
A droite l'arbre d'hélice et le presse étoupe
Le gros tuyau au milieu est l'échappement
En bas, les tuyaux rouge et bleu forment le refroidissement par eau de mer de la boite

Après 15 jours de panne l'aventure peut continuer, nous repartons pour le Sud destination l'ile de Béquia d'où nous écrivons ces lignes.



mercredi 31 juillet 2019

Sainte Lucie - Soufrière

Nous reprenons la mer pour rejoindre la baie de la Soufrière. La navigation est très agréable (vagues arrières régulières)  avec cependant de grandes rafales de vent liées au relief de l'ile. Mais nous sommes maintenant habitués, et la réduction de voilure nous prend moins de 10 secondes.

Ziiiiipppp, un coup d'enrouleur électrique de génois, on lâche l'écoute en même temps et le bateau reste stable malgré la survente de 10 nds. On ne touche pas à l'artimon tant que le vent ne dépasse pas 30 nds. Souvent le vent oscille entre 12-18 nds avec des surventes de 10 nds aux passages des reliefs accentués (la montagne cache le vent où l'accélère selon les expositions) .

A la Soufrière, à peine entrés dans la baie, nous sommes aussitôt pris en charge par les boyboat. Impossible de prendre une bouée sans passer par eux. Avec en prime le fait qu’il vous demande de l’argent alors que l’on a pas sollicité une aide. Pas très cool.

Unavoq sur une bouée, baie de la soufrière
On nous met sur une bouée côté droit dans la baie avec les autres voiliers.

A peine installé, un défilé constant s’organise autour du bateau. Nous sommes sollicités de toute part par des "boatboys" pour acheter des fruits, des bijoux et autres… De plus certains ne lâchent pas le bateau tant que nous ne leur donnons pas quelque chose.
Fatigué par le voyage, je ne me sens pas à mon aise dans cette situation.

En prenant l'annexe pour aller en ville, on discute avec un autre voilier arrivé juste avant nous. Ils nous racontent avoir subi les mêmes choses sur leur bateau et en ville. Ils ont même payé leur bouée 60EC  (20 €) aux "boatboys" alors que c'est aux rangers que l'on doit payer. Résultat : ils ont du payer 2 fois...

Nous partons faire un tour à terre, dans la petite ville aux maisons très colorées.


Café bariolé qui vend des masques en bois peints
Regarder la dimension des caniveaux & bouches d'égouts
Quand il pleut, c'est torrentiel ici

Nous remontons l’annexe et passons la nuit sans encombre. Le lendemain matin, après avoir fait nos formalités pour quitter Sainte Lucie, nous profitons de faire quelques courses au supermarché et acheté une glace au glacier du coin : du Rhum raisins maison :)

Les formalités de sortie sont gratuites et rapides, elles se font en face sur la droite du ponton. D'abord la douane, où l'on remplit un formulaire sur carbone. Leur ordinateur ne fonctionne pas, on ne peut donc utiliser Sailclear (site qui permet de tout référencer afin de ne pas remplir de formulaire en 6 exemplaires...)

Ensuite, avec 3 des exemplaires carbones, on passe dans le bâtiment d'à coté pour l'immigration. Tampons de sortie sur les passeports, sourire, on donne 2 formulaires et l'on en garde un pour réaliser la prochaine clearance d'entrée. Pour nous ce sera Saint Vincent et les Grenadines.

Qui déguste sa glace rhum raisins ?

En face du café, on aperçoit une climatisation de la marque "Frigidaire". J'en avais entendu parlé étant jeune, mais je pensais que cela avait disparu au temps des dinosaures :)

Frigidaire
Toujours des flamboyants pour égayer les allées et fournir l'ombre salvatrice
car traverser la rue vous donne une bonne suée



Embarcadère pour les navettes. Le ponton est sécurisé par des portillons.
On doit mettre son annexe afin de ne pas gêner les pêcheurs, sur la gauche du ponton.


En chemin, nous croisons un pêcheur et sa famille en train de lever des casiers. On en profite pour faire quelques photos de leur contenu.

Murènes, perroquet et petits poissons dans la nasse


Nous écrivons ces lignes depuis St Vincent où nous sommes bien arrivés il y a une semaine déjà. Bises