lundi 9 janvier 2023

Polynésie : Iles sous le vent (Taha'a)



La fleur de vanille est son emblème
(Orchidée Vanille, Vanilla Planifolia) 
Taha'a, a la particularité de partager son lagon avec l'ile de Raïatea, ce qui en fait un des plus grands lagons navigables de Polynésie. Le vent s'engouffre entre les deux iles et facilite la traversée qui se parcourt tout le temps à la voile (par vent de travers).

Une autre particularité de l'ile tient au fait qu'il y a beaucoup de fond le long des côtes. Il est donc souvent difficile de s'ancrer, sauf à le faire par plus de 20 m de fond (ce que nous n'aimons pas, car en cas soucis d'ancre bloquée, on doit utiliser les bouteilles de plongée souvent sans visibilité ...). 


Nous n'avons pas visité le coté Est de l'ile,
 aussi ma carte est partielle






Des bouées présentes tout autour de l'île, permettent d'amarrer les navires (cf. la carte ci-contre). Cependant, ces bouées appartiennent le plus souvent aux 3 fermes perlières qui n'autorisent pas des séjours de plus de 3 jours. Elles servent surtout à attirer la clientèle des bateaux charters. 

On pourrait appeler cela un attrape touristes (ne pas oublier que l'on est sur le domaine public dans le lagon, et non sur un domaine privé mercantile)

Il existe aussi trois bouées appartenant à la commune dans la baie de Tapuamu. Ces dernières sont facturées 1 500 fr la nuit (12 €), mais le receveur ne passe pas souvent et ne facture que le jour de la constatation de votre présence.

Enfin, on peut mouiller côté récif, souvent dans 2-3 m de fond, mais il y a pas mal de "patates" et quasi aucune protection au vent. Quand cela souffle à 20 nds, il y a du fetch, et donc un clapot qui rend les baignades désagréables.  




Comme nous arrivons par le Sud de Taha'a, nous utilisons les bouées de la baie d'Apu en premier lieu. 

Baie d'Apu, un peu protégé des vents d'Est

Il y a un ponton avec un accès à la route en longeant le côté d'une maison (le troisième ponton en partant du Sud, celui avec des poteaux en béton et une échelle de bain). Noter qu'il y a un robinet d'eau potable au ponton.

Ponton des bouées de la vallée d'Apu
Présence d'un point d'eau (un peu chlorée)

Le retour des rémoras
que l'on ne voyaient plus depuis les Tuamotus
 (Echeneidae) 

Vue sur l'ile de Raiatéa depuis la pointe Sud de Taha'a

Jardin ombragé de la ferme perlière d'Apu

Moule du Mississippi découpée en cube,
elle sert à réaliser les nucléus des perles Polynésiennes.
Elle a la particularité d'être très épaisse

Le lustre des perles est plus important que leur couleur
pour apprécier la qualité, donc le prix

Couleurs de nacre que l'on retrouvent pour les perles

Exposition vente de perles, ici les prix sont élevés (x 3)
par rapport aux petits producteurs rencontrés aux Tuamotu

Sapin de noël d'une ferme perlière :)

Détail du sapin réalisé avec des nacres
d'huîtres perlières

Au fond, l'ile de Bora Bora (à 30 mn)
Mouillage à l'une des 4 bouées de la ferme perlière la plus à l'Ouest

Vallée de Tapuamu, 3 bouées de mouillage disponibles.
Les routes sont belles et propices au vélo.


Visite de la distillerie Pari Pari
(on n'a pas aimé le rhum qui sentait la fermentation)

Broyeuses de noix pour extraire les huiles

Différentes huiles avec macération de plantes
 (dont la vanille)

Alambic et petite colonne de distillation

Au mouillage du jardin de corail,
la fin d'année est une saison humide...

Entrée du jardin de corail
le courant peut être assez fort entre les motus
Beaucoup de variété de poissons, d'assez beaux coraux

On laisse le dinghy sur le motu de droite, puis on remonte à pied à l'entrée du Hoa. On se laisse ensuite porter par le courant qui nous ramène rapidement. Préférer des chaussures plutôt que des palmes, car le courant est fort et l'on s'appuie sur les rochers pour profiter du spectacle et éviter de s'érafler sur les coraux.

Nettoyeurs de coraux (à la main)
rémunérés par l'hotel du Motu

Sur les Motus, les belles couleurs du lagon
C'est là que l'on laisse le dinghy.

Sur l'île, Les chemins sont très agréables à parcourir

Très fleuri au bord du chemin
et nids à moustiques...

Fleur pagode
(Clerodendrum paniculatum)

Canne d'eau
(Costus speciosus)

Culture de la vanille
dans la bourre de coco et sous filet
(pas toujours sans traitement...)

Agriculteur produisant de la vanille Bio
en plein air et sans traitement

Les gousses sont peu nombreuses mais très belles

La fleur de vanille qui doit être fécondée à la main
(Vanilla Tahitensis)

Une fois fécondée,
elle forme une branche verte qui deviendra une gousse

Le lopin de terre est bien pentu


En bordure de chemin, sac de Copra
(pulpe de noix de coco)
qui sert pour la fabrication de cosmétiques

Au bord de la route, séchoir à copra

Les bornes kilométriques.
Ici, elles servent aussi à définir l'adresse postale,
par exemple PK 4,5 sur une lettre signifie le point kilométrique 4,5

L'île est plus rurale que Raiatéa, et beaucoup moins peuplée.

Vue plein Ouest sur Bora Bora

Système de levée de bateau afin de protéger la coque

Pas mal de bancs sont installés en bord de route
et invitent à la contemplation

Station essence de la vallée de Tapuamu
On y trouve aussi un magasin,
un robinet d'eau (juste derrière la station en bord de route) et des poubelles
ainsi qu'une seconde distillerie en cours de construction

L'île de Taha'a est belle, mais on l'a trouvé moins pratique que Huahiné par exemple. On aime bien se reposer dans un coin, et là les mouillages n'étaient pas super confortables. On y sera resté 3 semaines, le temps d'attendre l'arrivée des pièces de notre désalinisateur (changement de membranes et kit de pièces de rechange)

Pas grand monde sur la route

Nous sommes allés à Patio en vélo depuis la baie de Tapuamu. Patio est la ville principale de l'île située au Nord ; il y a très peu de magasins sur place (contrairement à Uturoa située à Raiatéa). Toujours depuis Tapuamu, nous sommes allés vers le sud dans la belle baie de Hurepiti. On trouve quelques producteurs de fruits le long de la route, ceux-ci sont 2 fois moins chers qu'en magasin. 

lundi 26 décembre 2022

Antenne HF

 

Cet article traite de l'antenne HF, car lorsque j'ai monté le projet d'installation de la radio BLU à bord, j'ai trouvé bien des informations contradictoires qui ne m'ont pas facilitées la tâche.

La HF marine est une BLU (radio à Bande Latérale Unique, SSB en anglais). C'est une radio Haute Fréquence (HF) puissante qui permet notamment des échanges longues distances, de récupérer des fichiers météo (grib / fax / Navtex) et d'échanger des mails. 

A noter que pour les navires de plaisance battant pavillon français (c'est une exception française), la licence radio pour la HF marine est obtenue gratuitement et directement auprès de l'ANFR, comme pour la VHF. En dehors des eaux territoriales françaises, il faut passer l'examen du CRR (Certificat Radio Restreint) pour la VHF, mais rien n'est demandé pour la BLU. Vous utilisez alors le Call Sign de la VHF du navire pour votre BLU. Attention, ceci n'est valable que pour l'utilisation des bandes de fréquences marines...

En comparaison avec la VHF :

Propriétés BLU   VHF   Remarques
....................... ....................... ....................... .......................
Puissance en watt
150 w
60 w
20 w

25 w


En comparaison, la VHF portable n'a qu'une puissance de 5 w
Plage de fréquence
1,6 MHz
à
27,5 MHz
155,500 MHz
à
163,275 MHz
La BLU est une radio Haute Fréquence (HF). Certaines parties de la plage sont réservées aux radio-amateurs, d'autres sont réservées aux navires (de plaisance ou non)
Distance de communication
Le globe !
20 mn
Il faut que l'antenne soit en haut du mat pour une portée maximale de la VHF. En pleine mer, on parle de communication quasi en ligne droite.
La portée maximale de la BLU est atteinte la nuit, elle varie fortement en fonction des conditions météo et de l'activité du soleil. La propagation se fait par rebond sur l'Ionosphère et non en ligne droite. 

Poids de la radio
8 Kg
2 Kg
Pour la BLU, on doit ajouter un accordeur d'antenne (3 kg) et une antenne de 7 m (6 kg)
Longueur de l'antenne fouet
7 m
0,9 m
Pas facile de trouver une place pour la grande antenne ou la grosse boite de l'accordeur.

L'installation de l'antenne HF est une des 3 difficultés rencontrées pour installer tout le système BLU, les deux autres difficultés étant la configuration de la liaison BLU / Modem / ordinateur et enfin la manipulation de la BLU elle même (réglages).

BLU, Accordeur et Pactor reçus,
Il ne reste plus qu'à monter le tout.

Pour l'antenne, il existe principalement 2 types d'antenne : l'antenne filaire, souvent montée sur un hauban ou un pataras, et l'antenne fouet.

Nous avons choisi l'antenne fouet car sur notre voilier il n'y a pas de pataras (câble qui relie le mat à l'arrière du navire). On aurait pu tirer un câble, mais : 

- l'arrondi de notre grand voile gène pour une connexion à l'arrière (il faudrait un second mat)
- si la pose est sur le coté du mat, c'est trop près des haubans qui perturberont le signal

L'antenne est donc montée sur tribord arrière, loin de l'antenne AIS et de tout l'électronique de bord. 

3 antennes émettrices :
En haut du mat, la VHF
Au niveau panneaux solaires, l'AIS
Sur arrière tribord, la grande HF (BLU)

Une fois la radio installée, reliée à l'accordeur d'antenne lui même relié à l'antenne, il faut soit mettre à la terre l'accordeur, soit utiliser un contrepoids. 

Pour comprendre le phénomène, il faut avoir à l'idée que l'on alimente notre antenne par le bas. On envoie donc une onde depuis le pied de l'antenne. Mais cette onde a deux composantes : un partie va vers le haut de l'antenne, l'autre partie va dans la direction opposée. Il faut lui laisser donc un second chemin pour se propager, le risque étant que l'onde revienne perturber le signal (ou pire aille griller l'émetteur). On parle de rapport d'onde stationnaire : il doit être le plus bas possible.

C'est à ce moment que l'on trouve tout et n'importe quoi sur Internet. Pour ma part, j'ai respecté le mode d'emploi de l'accordeur Icom AT-130. Il est dit clairement qu'il y a deux méthodes pour que l'accordeur puisse fonctionner correctement :
  • Soit on connecte l'accordeur à une "dynaplate", sorte de plaque constituées de billes en bronze que l'on fixe à l'extérieur de la coque. Dans ce cas, c'est comme une mise à la terre. Il faut connecter la masse de l'accordeur aux vis de fixation qui traversent la coque. Inconvénients : 
    • la plaque coûte très chère (700 € pour une dimension correcte). Bien que cela s'appelle une mise à la terre, il ne faut surtout pas utiliser la masse du moteur ou du circuit électrique de bord car en plus d'un courant, des perturbations électromagnétiques vont circuler dans la masse. C'est comme cela que l'on grille son auto-pilote, ou que l'on perturbe les messages NMEA.
    • Si  vous avez une coque métal, vous pouvez directement relier à la coque mais il va falloir une isolation par "pont de condensateurs" de la connection pour empêcher l'électrolyse. Le "pont" va arrêter le courant électrique mais laisser passer l'onde électromagnétique : c'est le but. Il faut laisser la seconde partie de l'onde se propager et surtout éviter qu'elle revienne vers l'émetteur.
  • Soit on créé un faisceau radial (noté contrepoids) de câbles en cuivre qui devront avoir les caractéristiques suivantes :
    1. Perpendiculaire à l'antenne
    2. Il faudra autant de câbles que de fréquences visées
    3. Il faudra que chaque câble ait une longueur de 1/4 de longueur d'ondes visées
J'ai utilisé la seconde méthode car je pouvais facilement faire le contrepoids moi même. Pour le calcul des longueurs, j'ai utilisé la formule suivante tirée du mode d'emploi :

L = ( 300 / f )  x 1/4  avec  f   la fréquence que je voulais utiliser.

Par exemple, pour la bande des 30 m, fréquence 10.100 à 10.125 MHz, longueur d'onde 29,630 m, 1/4 d'onde représente 7,407 m, donc un fils de cuivre d'environ 7,4 m. Il ne sert à rien d'être précis, car de toutes façons on émet sur des plages de fréquence. Pour construire le faisceau de câbles, vous aurez besoin d'un câble réseau ethernet de 30 m qu'il faudra complètement démonter.

Ensuite on coupe les longueurs dont on cherche les 1/4 de fréquences et l'on rassemble le tout. Une des 2 extrémités de chaque câble est soudée pour former la tête de faisceau. Puis on incorpore le nouveau faisceau dans un tuyau de jardinage pour bien isoler les brins du reste du navire. Notre tuyau a été posé en cercle sous le pont entre les 2 coques de notre catamaran (diamètre du cercle environ 2 m).

C'est long de tout défaire / mesurer / rassembler

Avec ce système de faisceau, que l'on nomme Kiss SSB outre manche (acronyme de Keep It Simple Stupid), je réussi à très bien capter l'Australie, l'Alaska ou le Mexique depuis la Polynésie Française pour échanger des emails ou demander des fichiers grib.

Nota : Il existe un modèle commercial de ce faisceau que l'on peut acheter, il est nommé aussi KISS SSB, ce qui peut porter à confusion.

Du coup, sur Unavoq nous avons maintenant monté en tout 8 antennes :

En réception : 

Il y a 3 antennes GPS 
  • Une dédiée à l'AIS, comme prévue dans le norme (voir l'article dédié à l'AIS)
  • Une dédiée au calculateur du pilote automatique
  • Une intégrée au lecteur de carte
Il y a une antenne radar dédiée au Mer Veille (voir l'article dédié au Mer Veille)

Une autre antenne omnidirectionnelle pour la Télé (quel luxe !)

En émission / réception : 

Il y a 2 antennes VHF qui sont interchangeables, au cas ou un oiseau en casserait une par exemple ...
  • Une dédiée à la VHF (en haut du mat)
  • Une dédiée à l'AIS (transpondeur). Noter que la norme impose 3 m minimum entre 2 antennes VHF
Et enfin une antenne HF (BLU), qui permet les communications longues distances, l'Internet bas débit (mail & grib) et la réception des fax météo. 

A bord nous avons aussi un téléphone satellite Iridium avec son antenne magnétique, mais les coûts de communications sont prohibitifs (compter 150 € par mois). En comparaison, les communications HF (pour obtenir les fichiers météo ou échanger des emails) ne coûtent rien avec le system Winlink, et seulement 275 $ annuel avec le system Sailmail. Les deux systèmes sont équivalents, sauf que le premier utilise les fréquences dédiées "radio amateur", et le second les fréquences dédiées "marine". 

Les communications "voix" en HF sont bien entendues gratuites, c'est le même principe que pour la VHF.

Au fond, la soucoupe de l'antenne Télé
En biais, l'antenne AIS

Nota bene : Notre antenne AIS est installée en biais (non verticalement). En pratique, la portée de l'antenne sera un peu plus importante du coté opposé à l'inclinaison (donc vers l'avant du navire), et inversement de l'autre coté (moins de portée vers l'arrière, une partie de l'onde étant dirigée vers la mer)). C'est aussi un choix pour avoir plus de place pour manoeuvrer, l'antenne gênant moins quand elle est inclinée vers l'extérieur du navire (la bôme passant alors plus loin de l'antenne).


Fixation de l'antenne HF


vendredi 4 novembre 2022

Polynésie : Iles sous le vent (Huahiné)

Le poisson exocet est son emblème
(poisson volant) 
Moorea et Tahiti font parties des iles du vent. Huahiné est donc la première des iles sous le vent que nous touchons. On parle d'iles sous le vent car les vents dominants viennent de l'Est de Tahiti, et ces iles sont à l'Ouest de Tahiti. La traversée dure environ 18 h (100 mn). On part en fin d'après midi et on navigue la nuit pour arriver le matin afin de reconnaître la passe d'entrée qui ne se dévoile qu'au dernier moment. 

La traversée n'a pas été calme. On avait voulu tester le catamaran au près. Il marche bien, avec peu de vent, on atteint rapidement les 7 noeuds, soit une moyenne de 2 noeuds de plus que notre précédent monocoque. 

Par contre le bruit du voilier qui glisse sur l'eau est impressionnant. Je ne parle pas des coups de butoir sous la nacelle (ils sont dus aux vagues passantes entre les 2 coques). Le bruit provient de l'écoulement de l'eau au niveau des jupes arrières, il me fait penser à un torrent de montagne. Le flux est puissant, sourd et nous surprend. Notre monocoque, à la même vitesse, était silencieux. On sent que le catamaran est profilé pour aller bien plus vite, et que les jupes arrières stabilisent et forment une trainée marquée. Les sensations sous voiles sont différentes ; il est aussi sécurisant de par sa largeur, mais bien plus réactif : on sent bien les accélérations de vents.

La mer étant formée, on arrive à Huahiné vaseux, avec des maux de têtes. L'ile est cependant magnifique et nous fait bien vite oublier cette traversée désagréable.

Carte en relief de Huahiné réalisée par des élèves
(Le Nord est en haut)
On voit bien les passes d'entrée
En bleu foncé, les zones navigables dans le lagon

C'est toujours une surprise d'entrer dans un lagon par une passe que l'on ne connaît pas : courants inconnus, rouleaux sur le platier, houle qui cache l'entrée, balises pas toujours bien visibles, bref c'est le moment où tous nos sens sont aiguisés afin de prendre rapidement les bonnes décisions.

Une fois entrée, les eaux calmes du lagon contrastent avec la mer agitée. On mouille au Nord, en face de Faré, le village principal de l'ile. Je ne recommande pas le mouillage coté plage, car si l'on est bien protégé des vents dominants, on l'est moins de la houle qui entre par la passe juste derrière.

On mouille dans 2 m d'eau, un régale pour les yeux


Le bleu turquoise illumine l'intérieur des coques
au niveau des trappes de secours

Nouveau ponton de la ville
avec un superbe Faré recouvert de bardeaux de bois

L'ossature bois du Faré

Le village de Faré, vue sur le quai principal


A peine arrivés, une barque de pêcheurs nous propose des langoustes.
Dégustées avec un petit vin blanc et un écrasé de pommes de terre, le repas nous fait vite oublier la navigation au près


La petite ville de Faré est très accueillante, et on y trouve de tout : pharmacie, magasin de bricolage, essence / gasoil, supermarché très bien achalandé, de nombreux petits restaurants pas chers (1500 fr la grande assiette pour 2 de thon cru au lait de coco, soit 12 € ), des marchands de fruits / légumes / poissons frais. La fin du mois d'octobre est le tout début de la saison des ananas, super sucrés et bien jaune orange.  

C'est l'été austral en octobre, 
donc le ciel est chargé et les contrastes au top pour les photos

En cette saison, le mauvais temps ne dure pas, mais les coups de vents sont parfois violents. On aura 41 noeuds de vent d'Ouest au mouillage de Faré et 2-3 jours de gris / pluie. Le mouillage se fait sur du sable, il tient bien, et le platier protège efficacement de la houle du large. Par 2 m d'eau, on mouille l'ancre de 35 kg avec 15 m de chaîne de 10 mm plus la grande main de fer habituelle.

Lecteur de l'anémomètre d'Unavoq II
indique 41,3 nds

Pour aller en ville, on peut utiliser gratuitement le ponton du Yacht Club qui est en fait un restaurant avec belle vue sur la baie. L'eau potable est gratuite aux douches sur la plage à gauche du ponton (pas facile de monter l'annexe sur la plage et de charger les bidons dedans), ou en ville en traversant le grand quai des pêcheurs et la route (toilette publique et bac à vaisselle). Lors des jours de fêtes nautiques, un tuyau est installé au quai des pêcheurs, et l'eau est alors facile d'accès. Sinon, le Yacht Club propose 10 min de robinet pour 500 fr (soit 4 € pour environ 140 litres avec le débit utilisé). Il ne propose plus de payer au litre, nous avons été les derniers à le faire en insistant car la pancarte existait encore ...

Le 24 octobre 2022 a eu lieu la grande course de pirogue inter-iles nommé Havaïki Nui, pile poil pendant la semaine de mauvais temps. La mer était très formée (avec des creux de 2-3 m et 20 à 30 nds de vent). La course ne fut ni retardée, ni annulée, et les pirogues ont traversé de Huahiné vers Raiatea (18 mn) dans ces conditions très difficiles. Ces athlètes ont un moral bien trempé, et aussi un très bon sens de la navigation car au raz de l'eau on ne voit rien en haute mer, même l'ile d'en face toute proche.


Départ de la course,
juste à coté de notre mouillage :)

L'équipage favoris, arrivé premier comme l'an passé

L'écume et les mouvements produisent une pastel dynamique

La course est aussi l'occasion d'une fête en ville, avec stands fleuris, danses et concours de pêche.

Le mauvais temps n'a pas empêché les habitants de se déplacer


Le front de mer se couvre de bateaux de pêche
166 équipages participant au concours


Le pilote est dans une sorte de nacelle devant,
avec une barre verticale pour manoeuvrer



Cette année le record sera de 107,5 kg pour un Marlin (espadon)
avec 5,4 millions de fr de prix (environ 40 000 € quand même)

On profite de cette escale pour recevoir des invités, et donc préparer les deux cabines de la coque bâbord de leurs plus beaux atours.


Cabine avant Bâbord


Cabine arrière bâbord

C'est aussi l'occasion de naviguer vers le Sud de l'ile, mais le vent n'est pas toujours dans le bon sens alors on fera en partie du moteur.

A gauche le Motu Vaiorea,
au pied duquel il y a un jardin de corail avec plus de 50 variétés de poissons

Plage d'Hana iti

Il est possible de privatiser une partie de la plage
 et de faire venir un traiteur avec orchestre, Vahinés ...
(comme nous l'avons vu lors de notre première visite lorsqu'un gros yacht est venu) 

La plage est entretenue par Siki, qui propose aussi des animations gratuites
comme le tressage de palmes, la fabrication du pain de coco au feu de bois sur la plage,
la création de colliers de coquillages

On utilise la bourre de coco pour extraire le lait de coco


Pressage à la main et mélange avec farine et levure


Cuisson des pains dans de jeunes feuilles de Purau

Plus au Sud, la baie d'Avea
permet d'accéder à un immense jardin de sable parsemé de patates de corail
et très poissonneux

On ressort les vélos sans chaîne (à courroies)
pour parcourir le tour de l'ile.


C'est physique, avec des pentes à 30 %

Arrêt pour découvrir l'empreinte légendaire de Pi'Horo
(Bien zoomer au centre, on dirait un pied marqué dans la roche)

Au milieu de nulle part, une cabine téléphonique fonctionnelle !

La route est belle et goudronnée

Plusieurs abris sont bienvenus
pour se protéger des pluies torrentielles

Rencontre inopinée avec Paul et sa femme Mélodie
en voyage de noces à Huahiné
Le monde est bien petit

Véritable bénitier de l'église de Faré
(Tridacna Gigas)

Au Nord, dans le lagon, pièges à poissons de Fa'Una Nui

Bye bye, prochaine escale Raiatéa, 
toujours plus à l'Ouest.