jeudi 8 novembre 2018

Maroc : Mohamédia

La sortie de la Méditerranée par le détroit de Gibraltar représentait pour nous un challenge. C'est un
passage réputé "pas facile", avec de forts courants (on parle de 3 noeuds) et des vagues croisées qui secouent souvent les embarcations... Contre toute attente, ce fut pour nous une belle navigation par vent arrière à plus de 9 noeuds de vitesse ! Pour repère, nous avons une vitesse de croisière de 5 noeuds avec Unavoq. 

Note : La vitesse se calcule au niveau du sol, c'est donc une vitesse réelle et non une vitesse de surface. En surface on peut faire du 5 noeuds et en fait avancer réellement à 2 noeuds si un courant contraire  est de 3 noeuds. En jargon voileux on parle de Speed Over Ground noté SOG. Sur notre navire, elle est directement fournie par le GPS.

Nous avons suivi à la lettre les recommandations d'anciens navigateurs qui étaient de partir 3 heures après la pleine mer du port de Gibraltar. En longeant la côte espagnole, nous sommes arrivés à Tarifa à marrée basse. (Tarifa représente le cap à passer côté espagnol pour sortir du détroit).
Cela nous a permis de profiter ensuite d'un fort courant qui nous a littéralement expulsé du détroit. La descente le long du Maroc se fit ensuite au moteur, car trop peu de vent.

En sortant du détroit de Gibraltar, on avait décidé de ne pas aller directement vers les Canaries. La météo prévoyait de grosses vagues et trop de vent. Seul le Maroc se trouve sur ce chemin. Notre choix s'est porté sur la marina de Mohamédia.
Mohamédia est sous le point rouge

Elle est située entre Casablanca au Sud (dont la marina est toujours fermée et en travaux) et Rabat au nord dont l'entrée / sortie nécessite l'assistance d'un pilote. De plus il est quasi impossible de sortir de Rabat par forte houle.

Bien nous en a pris, car plusieurs voiliers nous ont rejoint le lendemain de notre arrivée à Mohamédia. Ils avaient subit une mer très dure et venaient se mettre à couvert. Du coup nous avons pu échanger nos informations avec les équipages. Tout le monde est resté une petite semaine en attendant la bonne fenêtre météo. 

Il faut noter que c'est la marina la plus chère que nous avons payée jusqu'à présent. En fait on  a payé 27 € pour le port et 26 € pour la marina qui appartient à un club. 53 € par nuit, c'est plus cher que l'hotel 5 étoiles du coin. De plus le port jouxte un terminal pétrolier qui travaille 24h / 24 et qui sent souvent le pétrole. Un régale cette escale, heureusement que nous avons été très bien accueilli sur place. 

Arrivée à minuit, et à peine arrimé sur Catway, nous avons eu la douane, l'immigration et la police à bord pour faire la clearance. Ambiance décontractée mais macho; on ne parle pratiquement qu'à Monsieur, et Madame sert un verre d'eau à la demande de ces Messieurs. On aura un laisser passer le lendemain afin de pouvoir sortir du port très bien gardé jour et nuit.


Marina vétuste qui doit être refaite cet hiver...


A peine 3-4 places pour les visiteurs,
on est tassé comme des sardines, souvent amarrés à couple et non sur catway

Mohamédia est une petite ville très contrastée. D'un coté la casbah très typique, vivante et commerciale mais très sale. On sent le quartier pauvre, besogneux. Toutes les femmes sont voilées, et la mosquée appelle à la prière plusieurs fois par jour. On y trouve de tout à la casbah (même des "Iphone X"), mais surtout des produits frais et de l'artisanat. 
De l'autre coté de la ville, la gare moderne et son wifi gratuit, ses boutiques de téléphonie où l'on achète des cartes prépayées 4G à 5 euro les 5 GO. Les bâtiments officiels entourés de palmiers ou de jardins arborés sont du plus bel effet.

Etant à 20 minutes de train de Casablanca, nous en avons profité pour aller visiter cette ville. Le billet ne coûte qu'un euro cinquante le trajet. Rien que le nom me faisait penser au film éponyme noir et blanc avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman.

Nous y avons trouvé une incroyable ambiance de souk dans la médina en plein centre ville. La ville grouille de petits commerçants / artisans. Elle est par contre très sale, avec des immondices suintants qui jonchent toutes les rues. Les quartiers sont très "typés" : soit c'est moderne (tramway neuf, immeubles occidentaux...), soit c'est ancien et sale. Dans certains endroits l'égout est au milieu de la ruelle, les bâtiments en pierre de taille ; on se sent revenir au "moyen âge".

En bord de mer on trouve de belles plages de galet avec un chemin de promenade sur rempart. La grande mosquée est dégagée sur une grande place face à la mer. Nous l'avons vue à plus de 30 km en mer lors de notre descente vers les Canaries.

La grande mosquée de Casablanca
Train moderne type TER, confortable et à l'heure !


Nous écrivons ces lignes depuis les Canaries où nous nous reposons un peu avant de repartir. En fait on va jouer les touristes :)

mercredi 31 octobre 2018

Gibraltar

Gibraltar : Le fameux rocher et ses singes...

L'arrivée sur Gibraltar est toujours un peu sport, car au moment de contourner le dernier cap on se prend une accélération du vent et des courants tout à fait notable. On avait calculé notre arrivée pour bénéficier du courant, car il était prévu que le vent tourne pour se retrouver en face. On a donc terminé au près ultra serré (grand voile vrillée au max uniquement) avec  le moteur en appui les 3 dernières heures.
L'entrée de la baie ne pose aucun problème si ce n'est le nombre de gros cargos ancrés un peu partout.

Les marinas se valent toutes, nous avons choisi celle située juste après la piste d'atterrissage qui sépare l'Espagne du rocher anglais de Gibraltar. On a trouvé amusant de passer la frontière à vélo en coupant l'unique piste d'atterrissage...  C'est une nouvelle fois que l'on se félicite d'avoir emmener des vélos pliants dans nos bagages. Tout devient accessible rapidement malgré le trafic important à la frontière.
Amarrage sur catway comme à Carthagène, marina très propre et bien équipée. Le wifi gratuit est extra rapide et stable, un régal.


Unavoq avec vue sur le rocher
La ville coté espagnole s'appelle La Linéa de Conception. Le marché couvert en centre ville propose de tout pour le ravitaillement frais, à des prix très bon marché. Tapas copieux et pas chers, hum...




Visite du rocher. Comment dire simplement ?

Gros attrape touriste. En fait il faut compter 15 livres pour le téléphérique par personne pour se retrouver en haut avec des queues de taxis & touristes. Les singes sont assez agressifs, le brouillard courant, une grosse différence de température, bref pas plaisant du tout. Vous devez payer en plus 5 £ pour redescendre à pied et profiter du parc.


Quelques rares fleurs sur le parcours

Le parc est sale, et pas super joli à voir. Par contre, arrivée en bas coté Jew's Gate, il y a une table pour piqueniquer avec un vue sympa. C'est là que nous avons rencontré des bénévoles du Gibraltar Ornithological & Natural History Society. Ils capturent les oiseaux du rocher pour les compter, peser, mesurer et baguer.  On apprends ainsi que de petits oiseaux migrateurs passent ici à l'automne pour aller en Afrique. On les reconnait à leur boule de graisse sur la poitrine. Cette réserve d'énergie leur permet de longues distances de vol bien que ces oiseaux mesurent moins de 10 cm. Les bagues servent à suivre les migrations : certains viennent d'Allemagne, des Alpes ou du nord.


Crag Martin - Ptyonoprogne rupestris


La pesée des oiseaux se fait tête en bas dans un gobelet


Maintient des oiseaux avant relâche
En sortant du sentier du rocher, on peut redescendre en ville en traversant le jardin botanique. Enfin un lieu propre, luxuriant et propice à la promenade. On y trouve même une cabine téléphonique rouge comme à Londres :)




Prochaine étape : Maroc, marina de Mohamédia

lundi 15 octobre 2018

Almerimar

Le lendemain de la visite du dragueur de mine Tajo à Carthagène, nous avons pris la direction d'Almerimar.
En vadrouille...

Le Tajo
















Mer d'huile et de feu

Navigation au moteur les 3/4 du temps... avec un beau bord tiré au près en fin de journée. Petit vent donc, mais on a pu exploiter 7 noeuds de vent au près serré pour atteindre 6 noeuds de vitesse réelle pendant 3 heures. 
Le nouveau jeu de voile et le carénage réalisés avant le départ y sont pour beaucoup.

Le soir pétole (pas de vent), une mer d'huile avec couché de soleil flamboyant et grande prestation de mère nature : spectacle enjoué de dauphins à la proue d'Unavoq.

Un vrai régale, nous étions excités comme des enfants au cirque.





(Cliquer pour agrandir les photos)


Arrivée à Almerimar le lendemain vers 10 heures, après avoir contacté le port par téléphone. Je ne sais pas pourquoi, mais souvent les ports ne répondent pas sur le canal 9 comme indiqué. Notre anglais / espagnol doit être trop horrible sur la VHF.

Almerimar est une station balnéaire d'Andalousie, donc avec des immeubles "modernes" et sans réel cachet. Comme activité, l'office du tourisme propose la visite des serres d'agriculture intensive avec dégustation. On a cru rêver.

En se promenant le long de la très longue plage aménagée avec piste cyclable, nous sommes littéralement tombés sur  une manifestation inattendue : le championnat d'Europe "espoir" de pétanque. Il y avait beaucoup de pays représentés.

Arrivés juste au moment de la finale France - Allemagne, nous avons pu supporter et congratuler le champion made in France SVP. 

Hip hip hourra.

Tir de précision
Patoun et  Tyson Molinas
Champion d'Europe espoir 2018
Vue vers l'entrée du port
un peu tassé comme des sardines
Immeubles...
Chercher Charlie...