dimanche 31 mai 2020

Traversée de Curaçao à Panama

A la barre de Curaçao à Panama...

Après avoir fait le plein d’eau et de nourriture, nous quittons enfin le mouillage de Spanish Water. Nous ne devions y rester que 3 jours pour faire l’avitaillement, nous y sommes restés 3 mois…. Au revoir les voiliers copains et à nous l’aventure !

Dès que nous sortons de la passe étroite de sortie de Curaçao, les vagues et le vent fort nous donnent la mesure de la traversée. On sent que cela ne va pas être de tout repos. On prend notre rythme, un peu secoué par les vagues, mais le vent est au rendez-vous.

Notre parcours en rouge
La journée se passe avec des pointes de vent à 35 nœuds mesurés à l’anémomètre ce qui correspond à plus en vent réel, car il faut y ajouter la vitesse de notre bateau (le vent réel = le vent mesuré + vitesse du bateau quand on navigue vent arrière).

Un hélicoptère de l’armée vient nous survoler et nous demande par signe de répondre à la VHF. Cela ne sera pas possible, car nous sommes tous les 2 sur le pont à l’avant en train d’installer le tangon pour le génois. La manœuvre nous prend bien 15 minutes, aussi l’hélicoptère perd patience et s’en retourne bredouille vers Aruba. Avec le Covid et les événements récents entre le Venezuela et les USA, tous les pays de la régions surveillent leurs frontières sérieusement.

Arrivée le soir dans la passe entre Aruba et le Venezuela, le vent étant de la partie, Unavoq fonce à 10 nœuds. Il doit certainement être aidé par un courant très rapide.
Au sud d’Aruba nous nous retrouvons dans des vagues croisées très inconfortables. Nous  sommes tous les 2 vaseux à la limite de vomir. Cela faisait plus d’un an que nous n’avions pas eu cette sensation désagréable du mal de mer.

Nous entamons ainsi la nuit quand soudain vers 23H le bateau change de cap violemment. On ne comprend pas de suite ce qui se passe. Alain débraye le pilote, reprend la barre et met le moteur en route. Nous ne sommes pas loin des côtes d’Aruba. Le bateau reprend son cap. Le pilote automatique est relancé et à nouveau le bateau change de direction.
image2 image1
Détail du pilote et de son piston (à droite)
qui se fixe sur le secteur de barre (à gauche)

Alain se rend compte que notre pilote ne fonctionne plus correctement. Il n’arrive plus à garder le cap. Fort de ce constat, Patricia prend la barre et Alain descend vérifier le système. Après avoir controlé les commandes électriques, démonté le pilote, le constat est terrible : le piston du vérin électrique ne répond plus aux commandes. Nous voilà contraint de poursuivre le voyage sans pilote automatique. Cela sous-entend que nous allons être obligés de tenir la barre 24h sur 24 et cela pendant le reste de la traversée (au moins 6 jours…).

C’est la galère ! Que faire ? Nous décidons de poursuivre notre route car un arrêt à Aruba est difficile dans le contexte actuel.
Notez que l'on porte le harnais de sécurité
La 1ère nuit est longue, on se relaye toutes les heures de façon à garder le cap car le vent est là et les vagues aussi. Elles sont de plus en plus fortes nous obligeant à rester vigilant à la barre : Il y a des creux de 2 à 3 mètres en moyenne et donc de temps en temps de plus grosses vagues qui déferlent.
Mer formée,
certaines vagues sont plus haute que la capote du cockpit

Le rythme est gardé toute la journée. Les repas deviennent vite une galère. Celui qui est à la barre est nourri par l’autre. Au moins cela nous occupe le temps et nous permet de passer un bon moment à se vanner l’un l’autre. Une bouchée pour papa, une bouchée pour maman, et j'en passe des meilleurs. Les jours défilent et les nuits aussi. Nous commençons à fatiguer.
Le vent s’affaiblissant après le passage du cap de la Vela, nous décidons de mettre le moteur. Après quelques heures de fonctionnement, le moteur s’arrête. Pas moyen de le rallumer. Cette fois, Alain décide de changer notre route et de partir se réfugier vers la marina de Santa Marta en Colombie. Mais après plusieurs essais d’appel au téléphone satellite, aucune réponse de la marina.
Du coup, on décide d'un commun accord de continuer notre voyage car la Colombie a officiellement fermé ses frontières et l’on se voit mal débarquer à l’improviste sans explication préalable. Aborder une côte vent de face, sans moteur et sans aide potentielle n'est pas sans risque.
Hélas après quelques heures, alors que nous sommes en avance sur notre parcours, le vent s’arrête. Pour nous c’est la catastrophe. Sans moteur et sans pilote, nous subissons les vagues à seulement 2 nœuds de vitesse. On n’avance pas et il faut continuer à maintenir le cap….

Étant donné notre allure, Alain propose de regarder le problème du moteur. Unavoq est mis à la cape, cela repose.

Le capitaine commence par démonter et refaire tout le parcours d’alimentation Gasoil. Il vérifie, nettoie et purge l’ensemble du circuit. Apparemment il y a des bulles d’air qui se promènent et peut-être des impuretés.

Après plusieurs tentatives, le moteur repart. On est content mais quelques heures plus tard à nouveau le moteur s’arrête. Il en sera ainsi jusqu’à la fin de notre voyage...

Cliquer sur le lien pour démarrer la petite vidéo

Enfin après 6 jours de navigation, la marina de Turtle Cay est en vue à 8h du matin. Notre ami Christophe a été contacté, il vient à notre rencontre avec le bateau des Coast Guard afin de sécuriser l'entrée dans la marina au cas où le moteur s’arrêterait encore.

Mais Unavoq reprend du poil de la bête et fait une superbe entrée dans la marina sans aide.
D’ailleurs nous serons obligés de couper le moteur car il ne veut plus caler le bougre.

Nous sommes contents d’être arrivé à bon port. On passera l’après-midi à dormir… Après analyse et démontage il s’avère que :

- La vis sans fin du vérin électrique du pilote était seulement dévissée mais il fallait tout démonter pour la remettre en place. Le démontage du système a été très instructif, il a permis de vérifier toutes les pièces d’usure (courroie, pignons et roulements). Merci aux voileux qui ont mis à disposition des petites vidéos sur Youtube qui expliquent tout le processus de démontage.- Les bulles d’air présentes dans le gasoil étaient dues à un joint non changé de la pompe à injection. Nous l’avions acheté à Curaçao, mais non monté… Le gasoil était finalement propre, il n'y avait pas d'algue dans le réservoir ni le circuit. Ouf.

Nous sommes à la marina (première marina depuis 1 an) et profitons d’un calme bien mérité en attendant de poursuivre notre aventure.

Unavoq amarré à Turtle Cay marina
(cliquer pour agrandir)

mercredi 29 avril 2020

Pandémie et Tour du Monde


Après avoir tant attendu à Curaçao les pièces nécessaire à la révision du moteur, nous voici prêt à reprendre la mer. Encore quelques jours pour avoir une météo favorable et nous partons.`

Soudain on apprend qu’en Chine puis en Europe arrive un petit virus qui contraint tous les habitants de la planète à rester chez eux. Au fur et à mesure, les ports des différents pays autour de nous ferment. Les gouvernements prennent des dispositions de plus en plus restrictives. Est ce raisonnable de s’aventurer dans ces conditions vers la Colombie, les San Blas et Panama ? On se donne encore quelques jours pour voir comment la situation évolue. Nous sommes début mars 2020, cela fait 2 mois que l'on là, il nous tarde de partir.

Pandémie de 2020, situation du mois de mai

En une semaine, tous les ports se mettent à refouler les bateaux et ferment leur frontière. Panama a même fermé le canal pour les voiliers : c'est une première. On ne peut plus aller nulle part sauf rejoindre la Martinique contre vent et courant (avec mise en quarantaine quand même).

Le Coronavirus,
plus communément appelé
Covid-19 est arrivé.

Bref, nous voilà coincés à Curaçao encore plusieurs jours, ce qui n’est pas si mal tout compte fait.
Ici on est au mouillage (pas de frais de marina) et nous avons la possibilité  de nous ravitailler dans les supermarchés à proximité et pas de confinement stricte, ni d'autorisation écrite comme en France.

Les jours passent et les mesures deviennent de plus en plus strictes ici aussi. Les avions deviennent de plus en plus rares, et plus aucun bateau de croisière n'est accepté à Willemstad.

Mi-mars, nous sommes à la plage pour plonger. Nous apercevons un voilier au mouillage devant l'ile. Nous apprenons alors qu'une famille avec enfant se voit refuser l'accès à Curaçao. Ils avaient réservé à la marina et téléphoné avant de partir une semaine avant. Mais la situation évolue vite, plus aucun bateau n'est accepté. Le chef de bord refuse de partir car il ne peut aller nulle part ailleurs. Il entre au mouillage principal et se met en quarantaine de lui même.

Commence alors un tour des douanes et du "port authority" qui contrôlent tous les bateaux présents au mouillage. Les bateaux en situation irrégulière (sans permis d’ancrage ou sans visa) sont soit mis dans la zone de quarantaine, soit sommés de quitter l’ile. Plusieurs bateaux sont arrivés et certains ont trouvé les bureaux du ports ou ceux de l'immigration fermés. Normal qu'il y ait des irrégularités...

Les voileux ne se laissent pas faire, résistent et refusent de partir. L'autorité portuaire menace de couper les chaînes, d'envoyer les récalcitrants en prison ! Véridique. Finalement tous les bateaux avec des soucis de papiers seront mis en quarantaine dans une zone à part du mouillage et seul un bateau acceptera de partir 10 jours plus tard.

Cette situation électrique vécue avec les autorités n'est pas isolée. On lira plusieurs fois sur Internet que tel ou tel pays expulse (comme Cuba par exemple) ou rabroue (comme la Jamaïque aussi) certains  voiliers. Les petits chefs locaux à qui la pression est mise et dont les ordres ne sont pas clair ou "hors process", se sentent dépasser et réagissent violemment.

2020, et le monde devint fou...

Adieu la diplomatie, cette gestion douce du tourisme qui rapporte tant de devises. Dans ces cas là, j'ai lu que les français s'en sortent plutôt bien : il paraît qu'ils ont l'habitude de faire ceux qui ne comprennent pas, et qui s'assoient en attendant que la situation se débloque. Vous avez bien lu! Regarder dans les guides de navigation de Franck Virgintino, c'est écrit. Dans les faits, on a pu constater que ceux qui se débrouillent le moins bien en langue anglaise notamment, sont pour la plupart Français. Ya-t-il un lien de causalité ?

En ville, les mesures de protection sont mises en place dans les supermarchés. Désinfection des mains et des caddies systématiquement pour chaque personne entrante. Il y a 14 personnes contaminées dans l'ile, elles sont à l’hôpital ou confinées à domicile.

Puis le 28 mars ce sera le couvre-feu tous les soirs de 21h à 6h, et enfin le confinement total nous obligeant à rester sur nos bateaux le 30 mars.

Les seules sorties autorisées alors sont les avitaillements au supermarché, une personne par bateau . On a aussi le droit de se baigner autour du bateau.

Pendant ce temps, on s’occupe comme partout ailleurs. La coque a été astiquée, les boiseries ont été revernies, tout brille et est entretenue. On a ainsi fait une checklist des travaux à faire.
Chaque jour notre planning travaux avance.

C’est aussi l’occasion d’organiser des jeux et des activités avec les voisins. On partage nos expériences et nos aventures. Un site et un WhatsApp ont été créés ici pour permettre  d’échanger des informations. On se tient ainsi informer de l’évolution du traffic dans le monde.

On s‘échange des films et on s’entraide car il n'y a plus de magasins de bricolage ou d’accastillages ouverts. Au moins on ne se sent pas seul.

En avril, des informations nous parviennent sur la situation au Panama. Le consulat australien négocie le passage de voiliers australiens qui doivent rentrer. La procédure habituelle est simplifiée, un seul "advisor" du canal pour 3 voiliers est requis, et aucune aide extérieure. Débrouillez-vous pour trouver 4 grandes amarres et 7 personnes pour passer le canal. Dans les faits, si vous naviguez à 2, il faut trouver un voilier copain naviguant avec 3 personnes et le tour est joué.

Le 20 avril, Curaçao autorise les déplacements individuels le matin de 6h à 9h et de 17h à 20h. On en profite pour faire des promenades tous les soirs avec le voilier Inouï (Didier et Marie-Noelle).

Marie-Noelle et Patricia un soir de déconfinement

Le 23 avril, le gouvernement de Curaçao se penche sur les problèmes de visa. Nous avions un tampon d'arrivée sur notre passeport, et nous étions autorisés à rester 3 mois.

Normalement si vous voulez rester encore 3 mois, il faut en faire une demande écrite et payer 530$ (pour nous deux). Mais voilà, nous ne voulons pas payer pour rester. Aussi nous ne faisons pas la démarche de demande de prolongation. Le 3 avril nous devenons donc émigrés en situation irrégulière.

Bien nous en a pris, car le gouvernement décide ce 23 avril d'autoriser les personnes présentes sur l'ile tant qu'elles ne peuvent rentrer chez elles ou partir vers leur destination. Youpi, on redevient en situation légale.

Les nouvelles en provenance de Panama sont bonnes : on peut enfin partir et une fenêtre météo nous permet de quitter Curaçao le 29 avril. Ouf, on devait rester 3 jours pour l'avitaillement et finalement on est resté 4 mois quand même.

Nota bene : En ce mois de mai 2020, c'est assurément un moment historique que nous vivons. Un de ces moments qui entrera  dans les livres d'histoire de la prochaine génération. 

Pour nous Tourdumondiste, il y aura un avant Covid et un après. La liberté de circulation en voilier telle que nous la connaissions vient de disparaître. Nous assistons à un retour en arrière de 200 ans, quand les grands voiliers devaient effectuer des quarantaines de 40 jours en cas de suspicion de maladie à bord. La nouvelle norme semble être de 14 jours de quarantaine, espérons que le protocole finisse par disparaître aussi rapidement qu'il est apparu.

Panneau de la marina de Turtle Cay au Panama
(d'où nous écrivons ces lignes)
et définissant le
Quai de la quarantaine


dimanche 29 mars 2020

Le gaz à bord

Quelques informations concernant le gaz pour comprendre les éventuels problèmes que pose la substitution du Butane par du Propane (et inversement).

Les données techniques ci-dessous proviennent de l'American Boat & Yacht Council, inc.

Propriétés Gaz Propane  Gaz Butane   Remarques
Formule
C3H8
C4H10
Point d'ébullition en ° C
- 42°
Si vous voyagez au milieu des glaces, mieux vaut utiliser le propane car le butane gel à 0°
Poids du gaz
(Air = 1)
1,53
2,00
Le gaz est plus lourd que l'air, en cas de fuite il va donc au fond de la cale = Danger
Poids du gaz liquide
(Eau = 1)
0,51
0,58
2 litres de gaz liquide = 1 litre d'eau = 1 kg
Poids en Kg pour 1 litre de gaz à 15,6°
0,51
0,58
Cela nous sert pour connaître le remplissage d'une bouteille par pesée directe ou indirecte (dans un seau d'eau par exemple)
Température maximum de la flamme 
1980°
1990°
Si vous faites de la soudure à bord...
Pression de stockage dans les bouteilles commerciales
à => 37,8°
à => 21,1°



11,9 bar
7,5 bar



2,6 bar
1,1 bar
A température égale, le propane se stocke à beaucoup plus forte pression. Attention à ne pas trop charger vos bouteilles si vous réalisez vous même les recharges (voir plus bas).
Détendeur utilisé
38 mb
28 mb
Si l'on utilise les bouteilles commerciales avec pression standard, mieux vaut changer le détendeur selon le gaz. Certains détendeurs font les 2.
Gazinière de bord
/
/
Les gazinières marines fonctionnent indifféremment aux deux gaz (en tout cas les modèles récents).
Limite d'inflammabilité en % de gaz (poids dans le mélange d'air)
Limite basse
Limite haute


2,4
9,6


1,9
8,6
Le Butane s'allume un peu plus facilement que le Propane, Patricia l'avait déjà remarqué et maintenant on sait pourquoi :)

Face aux difficultés de s'approvisionner en gaz durant notre TDM, nous avons fait le choix de remplir nos petites bouteilles de camping gaz à l'aide d'une plus grosse bouteille de type "américaine". Comme la grosse bouteille restera dehors, nous avons pris une bonbonne en fibre de verre, certes beaucoup plus cher (230 € à Curaçao quand même... sinon 135 $ sur le internet) mais qui ne rouille pas et qui est légère lors des manipulations.

Notre bouteille en composite avec vanne américaine
Capacité de 17 lbs, soit 7,7 kg de gaz
C'est le modèle Viking de la marque Hexagon Ragasco

Avantage

Nos petites bouteilles peuvent continuer à se faire remplir localement si c'est possible. On ne change pas l'installation de bord. Par exemple à Grenade elles ont été remplies avec du Propane par la marina et au Cap Vert elles ont été remplies par du Butane à l'usine de Mindelo.

En cas d'impossibilité de remplir les bouteilles Européennes, on fait remplir la grosse bouteille qui possède une vanne américaine par du Propane. Ensuite on transvase la grosse bouteille dans nos petites bouteilles Butagaz à l'aide d'un adaptateur.

Adaptateur système américain vers système européen
A gauche on met le robinet Français,
et à droite la vanne de la bouteille américaine
Il faut 2 robinets
Un robinet qui se fixe sur la Butagaz
Un second robinet qui se fixe à l'adaptateur USA

Tuyau haute pression qui se visse sur les robinets
Notre coffre à gaz qui peut comporter 3 petites bouteilles de Butagaz
Chaque bouteille a une capacité de 2,75 kg

Le flexible relié aux robinets et à l'adaptateur

Inconvénient

Il faut savoir ce que l'on fait et donc comprendre la différence entre les 2 gaz.

Concrètement :

Que peut-on tirer des informations du tableau pour les voyages :

- Qu'il faut faire attention au remplissage des petites bouteilles Butagaz si l'on utilise une grosse bouteille de Propane car la pression est très forte dans cette dernière. En pratique, on regarde le poids de gaz que l'on charge dans la petite bouteille : par pesée directe (pas facile avec une balance) ou par différence de niveau d'eau dans un seau (plus pratique, une petite bouteille vides flotte dans le seau et quand elle se remplit le niveau d'eau monte et la bouteille descend : il suffit de mesurer le volume d'eau déplacé pour connaître le poids de remplissage sachant qu'un litre d'eau = 1 kg). En pratique on fait une marque dans le seau quand la bouteille flotte, puis on rajoute 2 litres d'eau et l'on fait une seconde marque. Ensuite on enlève 2 litres d'eau et l'on remplit la bouteille de gaz. Quand l'eau arrive à la seconde marque, on a rempli 2 kg de gaz équivalent à 4 litres de Gaz (cf. tableau du haut).
A noter que sur les petites bouteilles Butagaz, la charge indiquée est de 2,75 kg. Avec notre méthode, nous chargeons entre 1,8 et 2 kg (contrôle de poids effectué avec balance).

- Que normalement les détendeurs sont différents, mais si la pression de la bouteille de Butagaz ne change pas, pas besoin de changer le détendeur. Or on s'arrange pour que la pression soit similaire car nous utilisons toujours nos petites Butagaz sur notre réseau : seules les petites bouteilles rentrent dans le compartiment Gaz de notre voilier... (compartiment en extérieur)

- Que les gazinières de bord sont compatibles sans changement de bruleur (notre gazinière Eno a plus de 10 ans)

Pour l'achat des accessoires, nous avons commandé sur le site https://www.laboutiquedugaz.fr/ avant notre départ. C'est bien moins cher que dans les ships. Par exemple l'adaptateur USA vaut 30 € en France et 80 $ à Curaçao...

Manipulations :

- Suspendre la grosse bouteille pleine à l'envers sous la bôme (robinet vers le bas) et au soleil.
- La bouteille Butagaz vide est posée en dessous, à l'endroit et à l'ombre.
- Relier la bouteille haute avec le robinet adaptateur fermé placé sur la bouteille haute, suivi d’un flexible et d'un robinet fermé.
- Ouvrir le robinet haut
- Ouvrir le robinet bas pour laisser échapper l'air puis refermer le robinet bas. Le flexible est alors rempli de gaz.
- Visser le robinet bas sur la Butagaz en faisant tourner la bouteille. Les deux bouteilles (la pleine et la vide) sont reliées, robinet bas fermé.
- Ouvrir le robinet bas, le gaz liquide coule par gravité, on entend un écoulement. Au début cela va vite, puis les pressions s'équilibrent. Pour accélérer le processus, mettre la bouteille pleine au soleil et la bouteille vide dans un seau rempli d’un peu d’eau fraiche et à l'ombre d'un linge humide. Il nous faut  3 à 4 heures pour remplir une bouteille à 80%.
- Fermer le robinet du haut puis celui du bas avant de dévisser les deux robinets. Si le robinet du haut est fixé sur l'adaptateur américain, fermer le robinet de la bouteille américaine situé avant l'adaptateur (il y a donc dans ce cas 3 robinets dans le circuit) avant de fermer le robinet connecté au flexible.
- On purge ensuite à l'air libre le tuyau libéré en ouvrant l'un des deux robinets.

Ne pas oublier de peser la Butagaz pour vérifier la charge. Notez que toutes ces manipulations de charge de bouteille se réalisent sans le détendeur.

Dangers :

Nous n'avons pour le moment pas eu de souci particulier pour recharger nos bouteilles nous même. En lisant les comptes rendus sur le net, on peut lire le récit d'un départ de feu dû à l'arrivée de gaz liquide dans les bruleurs de la gazinière. Cet incident est provoqué par l'utilisation d'une bouteille trop chargée. Il n'y avait pas assez d'air pour permettre la décompression du gaz dans le détendeur.

Pour éviter cela, utiliser l'astuce suivante avant de brancher votre nouvelle bouteille sur le réseau.

Le pompiste du coin (à Curaçao) m'a donner cette astuce pour savoir si la bouteille était trop remplie sans pesée. Appuyer légèrement sur la bille de la Butagaz avec une pointe en bois (bouteille verticale à l'endroit). Laisser appuyer tant que du liquide sort. Dès que c'est du gaz, on relâche la bille.

Bien entendu, toutes les opérations se font dehors, sur le pont à l'arrière du bateau si le vent vient de l'avant (comme au mouillage par exemple).

Enfin, pour la sécurité de votre réseau et donc du bateau, il est bien d'avoir un robinet d'arrêt à coté de la cuisinière pour isoler celle-ci. Nous conservons aussi un torchon en coton près des brûleurs, il permet d'étouffer le feu au cas où, et des extincteurs dans toutes les pièces du voilier (extincteur avec affichage de la pression pour contrôles réguliers faciles).

L'approvisionnement :

Nous avons listé les pays / villes où nous avons pu nous ravitailler en gaz selon les conditions mises en place localement (troisième paragraphe de la page ci-dessous).