mercredi 10 octobre 2018

Carthagène

Après Mahon, nous avons visé la Mar Menor sur la côte espagnole en longeant le sud de la côte de Majorque puis d'Ibiza. Trois nuits en mer, avec une sortie de Mahon agitée, puis un bon vent pour rallier Majorque, nous avons ensuite utilisé le moteur car plus de vent. Une belle mer d'huile en plein milieu de nulle part au niveau d'Ibiza nous impressionne. L'eau bouillonne, et des petites bonites sautent hors de l'eau. Un groupe de goéland essaie en vain d'en attraper.

La dernière partie sera plus agitée, avec un grand bord tiré au prés serré qui se terminera par plus de 10 heures de moteur face au vent et aux vagues dures. Nous devons arriver avant de se faire prendre par un vent violent annoncé assez précisément par la météo captée à Ibiza. Vive Internet et le GSM que l'on reçoit à plus de 10 miles des côtes. Vive les forfaits français qui incluent l'illimité "voix" dans toute l'Europe et 20 Go de data pour le même prix. Ça change les façons de naviguer, c'est plus sécurisant.

L'entrée de cette petite mer où se trouve le port de Thomas Maestre à la particularité d'avoir un avant port protégé.

Entrée du port de Thomas Maestre

Pour entrer la Mar Menor, il faut passer un pont ouvrant pendant 5 minutes toutes les 2 heures (les heures paires uniquement).

Nous avons donc mouillé pour la première fois dans cet avant-port d'abord en attendant le pont ouvrant, ensuite en décidant de rester mouillés pour la nuit.

Cela était notre première expérience de mouillage : le bateau ne tient que par son ancre, c'est un peu stressant de penser qu'elle peut déraper en pleine nuit. Nous avons à cette occasion testé :
Main de fer Osculati

  • la pose de l'ancre, en testant sa résistance par une marche arrière
  • 2 alarmes d'ancre, une liée au GPS du téléphone et une autre liée au GPS de bord
  • la pose d'une main de fer, pour faire reprendre les efforts de la chaine sur 2 amarres et non pas sur  le guideau qui ne supporterait pas les "coups de bélier" du ressac
Bilan positif, même si les alarmes se sont déclenchées quand le vent a légèrement tourné. La pose de la main de fer est facile (nous avons une Osculati). 
Coté sommeil, on garde un léger doute... le vent est monté à 20 noeuds mais l'ancre a tenu. 
Le fond est constitué de vase compacte assez solide, c'est à noter.

Noter le vieux sous-marin en bas

Le lendemain, direction Carthagène à 5 heures de navigation. Grand port militaire, commercial, petit port de plaisance en plein centre ville.

La marina est propre. On remarque de suite de très beaux bateaux de plaisance. Nous avons choisi celle de droite ; les prix sont identiques à celle de gauche en entrant, mais les services plus complets (douches, laverie).

On a utilisé Internet pour demander une place. Un bosco est venu nous aider à manœuvrer. Ce sont des pontons flottants avec de larges places, et finalement il est très facile d'accoster.

Unavoq à Carthagène

La ville est riche en patrimoine culturel. En 1990, un théâtre Romain a été dégagé sous des immeubles en plein centre ville.

Avec nos vélos nous avons pu parcourir la ville. Très étrange impression. Elle est entourée de 5 collines complètement pelées et désertiques. Seul le centre ville et quelques grandes avenues arborées sont très beaux. 

La ville est enserrée à l'ouest par une énorme base militaire inaccessible, à l'Est un terminal pour porte container. Le nord est une banlieue plutôt chiche où l'on ne trouve pas de touristes. D'ailleurs les touristes arrivent en bateaux de croisière gigantesques, et ne restent que 24 h au port.

Visite du théâtre Romain

De nombreux Ficus centenaires parsèment la ville

mardi 2 octobre 2018

Maó

A ne pas confondre avec le grand timonier Mao... (mais non, on n'est pas encore en Chine).

Maó, c'est l'écriture Catalan de Mahon. Dans la ville, ce mot est associé à tous les écriteaux.

Carte Extraite de mes cartes marines
Les cercles de couleur représentent les feux de signalisation de nuit

Avec une enclave de plus de 5 kilomètres de longueur, c'est le plus grand port naturel de la Méditerranée. Il est très bien protégé des vents & des vagues, même si lors de grosses tempêtes venues du Nord le vent arrive à passer par dessus les collines environnantes comme en ce moment où j'écris ces lignes.

Il faut dire qu'il y a eu des vents de 60 noeuds en mer hier (avec de vagues de plus de 6 m), et que cela continue à 40 noeuds aujourd'hui. En plein port, sur les pontons flottants, nous avons enregistré 30 noeuds de vents à 3 heures du matin. Par contre, pas de vague, si ce n'est celles générées par les gros paquebots qui viennent mouiller au fond du port.

Enorme bateau croisière
parfois il y en a 3 en même temps...

Au fond à droite du port, il y a un terminal qui reçoit des chimiquiers
La capitainerie est tout au fond

Nous sommes au second ponton flottant, ceux où il y a de l'électricité  L'autre ponton flottant situé derrière l'ile du Roi n'a que de l'eau mais pas de courant.

Unavoq au ponton flottant


Vue depuis les hauteurs de la ville
vers les pontons flottants

La vieille ville est assez belle, propre, avec des petites rues flanquées d'escaliers à flanc de collines. La chaux et les parements sont souvent utilisés pour les façades. On a remarqué que quasi tous les volets sont verts et de forme identiques.

On trouve de tout comme commerce, il y a même un grand Lidl moderne et plusieurs supermarchés. En centre ville, on accède aux échoppes par de petites portes, mais souvent l'intérieur est très grand et surprend. On a vu plusieurs supermarchés en plein centre.

La boutique que nous avons le plus aimé, c'est celle de Riviero. Elle ressemble aux drogueries des années 60, avec des rayons de boites en tout genre. J'y ai trouvé des boulons inox A4 spécial marine, de l'élastique en rouleau, une manille sécurisée. Il y avait aussi bien des laisses de chien que des roulettes, des fusibles ... Notre interlocuteur s'est enfui quand nous avons voulu prendre des photos. Dommage, fort sympathique et très accueillant, il est aussi très compétant et capable de vous comprendre bien que ne parlant ni l'anglais ni le français. Adresse à retenir pour les plaisanciers qui cherchent des pièces détachées.

Les rayonnages très organisés

Vitrine qui ne paye pas de mine

Nos voisins de ponton (arborant le pavillon anglais) nous ont fait découvrir une des spécialités
La bouteille locale
de Mahon : le gin local, distillé sur le port.

La recette : un bon doigt de gin, 4 doigts de tonic, une rondelle de citron et 3 glaçons.
C'est doux, pas sucré, un peu amer, et terriblement traitre... Par contre c'est du bon, pas de casquette le lendemain.



lundi 24 septembre 2018

Premier saut : De Port Leucate à Minorque

Samedi 22 septembre nous avons levé l’ancre !
Ça y est, nous sommes partis pour l’aventure, direction les Baléares.
15 personnes dans le cokcpit...



Bien sur avant le départ, beaucoup d’émotions et un apéro le vendredi soir avec les copains du ponton. On a bien fêté l’événement, et du coup notre départ a pris quelques heures de retard le lendemain matin (réveil un peu difficile ...).

La prochaine fois on boira du jus de fruit la veille du départ, cela évitera d’être vaseux en navigation. On a même eu le mal de mer tous les deux pour la première fois sur Unavoq. On retiendra la leçon.

 La fenêtre de décision a été courte, la veille pour le lendemain. En fait la météo était fluctuante, et donc difficile à évaluer. On voyait du gros mauvais temps cette semaine (Tramontane et orage violent), et une seule possibilité de départ ce week end, ou le week end suivant dans de mauvaises conditions. Au final, nous avons eu un bon vent arrière la première journée avec une houle qui s’est progressivement installée et accentuée.



Petit bout de chemin avec Yolo
et son équipage de première classe ;)
Départ accompagné de 2 voiliers copains qui préparent eux aussi leur TDM pour le printemps prochain.


Rattrapé par Saba,
la fusée boostée aux vitamines

Pat la sirène d'Unavoq
(Photo de Yolo)

Selon les prévisions, il ne devait pas avoir de vagues sur le parcours. Or, la première nuit en mer, nous avons eu des vagues de 3m et des vents de 30 nœuds avec rafales à 40 nœuds. Nous avons donc dansé toute la nuit, et peu dormi.

Peu de parcours réalisé en finale cette nuit là, car le bateau descendant les vagues perdait l’appui du vent et donc sa vitesse. Un courant contraire semble aussi nous avoir ralenti le matin.

La journée suivante fut plus clémente, petit vent de 5 à 10 nœuds au près, mer belle, et nous avons donc pu avancer à 6 nœuds de moyenne l’après midi. Cela n’a pas suffit à rattraper notre retard, aussi nous avons passé une seconde nuit en mer. Très belle lune qui éclaire comme en plein jour, belle navigation. 

Arrivée à Port Mahon J+2 à 8h du matin, bien fatigués car nous n’avons pas pu beaucoup mangé du fait du mal de mer les 2 premiers jours.

 Mahon est un port très protégé. Nous sommes amarrés sur des pontons flottants en face de la vielle ville. Il y a de l’eau et de l’électricité. Comme le mauvais temps persiste 3-4 jours, nous allons pouvoir continuer à coudre les protections du Zodiac que nous n’avions pas terminé.

Unavoq aux pontons flottants avec plantes vertes, eau et électricité.
Ce soir, petite surprise : on entend des craquements sous le bateau. On cherche l’origine du bruit. On a des doutes. Notre voisin de ponton entend la même chose, il nous rassure : ce sont des crevettes que l’on entend. Le bruit est assez fort.

Alphaeus heterochaelisi

                                                                    Voici la coupable =>