dimanche 30 avril 2023

Polynésie : Iles sous le vent (Bora Bora)

 

Ecusson de Bora Bora
Bora Bora, aussi appelée la perle du pacifique, est une île très touristique, avec notamment une grande proportion de touristes américains.

Nous y sommes restés 4 mois, le temps d'attendre le début de la saison des alizés pour aller plus à l'Ouest (vers l'autre bout du Pacifique, la Nouvelle Calédonie par exemple). C'est la dernière île vers l'Ouest, où l'on peut faire la clearance de sortie de Polynésie (à la gendarmerie, en un jour, très efficace).



Bora Bora, vue depuis l'aéroport, très photogénique

Bora Bora est entrée dans la Seconde Guerre mondiale en février 1942 avec l’arrivée et l’installation pour quatre ans des 4 500 soldats américains de l’opération Bobcat. 

L'on redoutait alors une expansion japonaise après Pearl Harbour, et surtout la perte de la liaison entre les Amériques et l'Australie alliée. L'aéroport actuel a été construit en 6 mois à cette époque, et l'on retrouve encore aujourd'hui les fûts des canons de batteries côtières perchés sur les hauteurs.

Les sites sont facilement accessibles et offrent de beaux points de vue

Canon de marine Mark 2, calibre 178 mm
 appelé  7 pouces / 45 calibres
Longueur  = 7 x 45 x 0,0254 m
Les fûts font donc 8 metres de long !

C'est une réutilisation des canons de marine datant de 1907...
en batteries côtières en 1942

Nous y sommes arrivés à Noël 2022

Soirée au Yacht Club pour le réveillon du nouvel an

Danses & musiques traditionnelles

Le site est bien situé pour boire un verre au couché eu soleil,
mais le restaurant n'est pas top (portion petite et cuisson aléatoire).
Lui préférer le Saint James.

On trouve de tout à Bora Bora, des banques, des super marchés, un bijoutier artisanal, un petit ship qui peut faire venir de Tahiti, des magasins de bricolage, deux stations essence, et même une vraie boulangerie-pâtisserie qui fait de superbes gâteaux (elle est située derrière le Saint-James).

Anniversaire d'un invité à bord

Il n'est pas facile de naviguer dans le lagon à la voile,
le relief affectant le vent
(à gauche on voit un grain)

Beaucoup de poissons, ici raie pastenague
(Dasyatis pastinaca)

Là, une raie manta sous le dinghy
(M. alfredi)

Espadon de 250 kg pêché par le pêcheur du coin,
on l'aide à le renter dans la glacière

Un couple de raie dans l'immense étendu bleu turquoise
(grosse ondée à droite)

L'eau est cristaline et chaude (30°C)

Même plus peur du requin pointe noire, 
ici sous le bateau à midi.
( Darcharinus Melanopterus )

Si Patricia le dit, ...

Harde de dauphins venue jouer dans le lagon
Vue du drone

Carangue bleue chassée au fusil harpon
 sur le tombant juste à coté de notre mouillage

Au lever du soleil les couleurs du lagon changent

La palette de couleur glisse doucement vers l'azur

Festival de bleus azurs

Torche Tahitienne, aussi appelé Amome sauvage ou Gingembre shampooing
de son petit nom latin "zingiber zerumbet"
famille des zingiberaceae (une cousine du gingembre),

La plante pressée est connue pour améliorer l’aspect du cheveu,
apporter douceur et brillance tout en apaisant le cuir chevelu
et en réduisant le ternissement et la décoloration précoce...

Le jeune Témanu travaille les feuilles de pandanus.
Elles sont coupantes comme des rasoirs

Montage des feuilles pour réaliser des toitures

Les feuilles de pandanus prêtes à être expédiées aux hotels
par packets (revenu journalier de 30 € environ)

Grimpette sur le rocher au Nord de l'ile avec l'équipage du voilier Kissanga
(on avait traversé le canal de Panama ensemble il y a plus de 2 ans !)

Montée à la grotte Est, à l'aide de cordes fixes,
le chemin utilise un petit ruissellement naturel, ça glisse.

Vue sur la partie Est du lagon depuis la grotte

Juste avant d'arriver à la grotte qui fait 20 m de haut

Barge de transport,
qui sert aussi pour la promenade dominicale

Bien vérifier les bouées que l'on utilise,
il y a parfois des surprises au petit matin

BBMS, le gestionnaire des bouées, passe tous les mardi et samedi pour ramasser les poubelles.
La bouée est facturée 4 000 xpf par jour (soit 32 €) et  6 000 xpf si l'on reserve ...
Nous avons pu négocier un tarif mensuel pour résident de 60 000 xpf en basse saison
(500 € quand même)
Pour contacter BBMS, VFF 9 ou Tel : 00 689 89 440 888

Coté Est, extérieur au lagon, une belle grande plage

On trouve de beaux coquillages, signe que peu de monde vient là

Burgau aux reflets arc en ciel, de son petit nom "Turbo Marmoratus"
(nom local : Maoa Taratoni)


Patricia nettoie une moule géante trouvée morte sous le bateau
de son petit nom latin "Atrina vexillum"
(nom local : o’ota)
Spécimen rare de par sa taille

Belle route qui fait le tour de l'ile, soit environ 32 km

L'ancien cratère volcanique vu du Sud Ouest

En ville, une mangue fraîchement tombée d'un arbre fournit un festin pour certains

Quai de Vaitape, commune principale de Bora Bora.
C'est notre première manoeuvre de quai, 
le catamaran peut presque se déplacer latéralement du fait des 2 moteurs.

Facile d'accès, eau possible en prenant une carte à la mairie, poubelles.

Accueil des croisières en musique

Anse d'accueil des bateaux "navette"
qui permettent le transport des passagers arrivant à l'aéroport.
(l'aéroport est sur un motu au Nord à 7 km de la ville).
On y met aussi les dinghy

Thon jaune acheté au pêcheur 2 000 xpf  (16 € les 5-7 kg),
il nous donne aussi une bonite que l'on mangera crue

Art local de récup

On refait la protection du dinghy qui avait 4 ans
(c'était la beige que l'on aperçoit devant)

Alain fait aussi dans l'art local pour notre dinghy

 Le soir, le ciel de Bora ressemble souvent au logo de la commune.



jeudi 30 mars 2023

C'est quoi le principe d'une BLU ?

Je vous propose ici une synthèse rapide de ce qui différencie une émission radio en AM ou en FM, d'une émission en mode BLU. Etant novice dans le domaine des ondes, je voulais savoir ce qui caractérise une radio BLU et quel est son intérêt.

En cherchant sur Internet, on trouve des explications pour la BLU souvent résumées : Bande Latérale Unique, avec ou sans porteuse... mais cela n'aide pas à la compréhension, entendez par là toucher du doigt le phénomène. 

J'aime comprendre ce que je fais, aussi je voulais une explication certes simplifiée, mais qui parte d'un phénomène ondulatoire. Une radio émet des ondes. Voilà le départ.

Une onde simple, peut être représentée par un graphique comme une vague, avec des crêtes et des creux dont le modèle se répète dans le temps. On nomme cette courbe une sinusoïde, car pour ceux qui font des maths, c'est la fonction sinus (ou cosinus).


Cette fonction est générée par le parcours d'un point sur un cercle, elle est donc périodique :




Pour transmettre un signal (une information), on va "moduler" cette onde, c'est à dire la modifier. Il y a plusieurs méthodes pour le faire, j'en retiens 2 :

  • Soit on change la fréquence de l'onde (c'est le mode FM pour Modulation de Fréquence), c'est à dire on change l'intervalle de répétition du modèle, en gros on joue à l'accordéon avec le schéma ci-dessus. Vous faites tourner le cercle 2 fois plus vite, et le signal sera 2 fois plus resserré. Vous battez le tempo plus lentement, et les signaux seront plus espacés.
    Ici on compare 2 signaux sonores modulés en fréquence, 
    l'onde du haut se répète plus rapidement que celle du bas.
    (pour les musiciens, il s'agit d'une différence d'une octave)
  • Soit on change l'amplitude de l'onde, c'est à dire que l'on étire l'onde vers le haut et vers le bas et non plus selon l'axe horizontal, on obtient de la modulation d'amplitude (AM)

Animation temporelle pour comparer les modulations :
en haut une onde de base,
en rouge on module l'amplitude
en bleu on module la fréquence


La modulation en AM et en BLU

Pour comprendre la différence qui existe entre un signal modulé en AM (modulation d'amplitude) et un signal modulé en BLU, le plus facile est d'observer comment se présentent les deux signaux sur l’écran d’un analyseur de spectre. Ici on ne parle plus de courbe représentative selon le temps (la sinusoïde), mais de courbe par rapport à d'autres fréquences.


Pas de signal ici

Là, on analyse une onde de fréquence de 3,5 MHz,
 donc à droite ce sont des fréquences plus hautes et à gauche des fréquences plus basses

L'onde principale que l'on génère, celle qui servira de référence, est appelée onde porteuse. Si je la module simplement en amplitude, on sera en AM.

Si nous avons un émetteur en AM qui transmet sur la fréquence de 3,5 MHz, soit 3 500 000 Hz, en l'absence de modulation, nous voyons seulement le signal des 3,5 MHz.

Pour transmettre une information, par exemple de la voix, on va ajouter une onde à l'onde porteuse. Comme ce sont des fonctions mathématiques (sinusoïdales), on peut additionner / retrancher / multiplier les ondes. On obtient alors d'autres formes de courbe, et aussi des effets sur les fréquences adjacentes.

Si nous modulons les 3 500 000 Hz avec un signal de 200 Hz, sur les côtés de la porteuse centrale, apparaissent deux autres signaux :

Un sur la fréquence inférieure de :
3500 000 – 200 = 3 499 800 Hz
Et l’autre sur la fréquence supérieure de :
3500 000 + 200 = 3500200 Hz


Dans une modulation d'amplitude, le signal modulant (la voix, la musique, les données, etc.) modifie l'amplitude de la fréquence porteuse en fonction de son contenu. La partie du signal modulant qui correspond à des fréquences inférieures à celle de la fréquence porteuse est appelée la bande latérale inférieure (BLI, ou LSB en anglais), tandis que la partie du signal modulant qui correspond à des fréquences supérieures à celle de la fréquence porteuse est appelée la bande latérale supérieure (BLS, ou USB en anglais). 

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Pour les matheux (sinon sauter ce paragraphe), on peut écrire que la tension du signal AM en fonction du temps, fonction notée P(t) s'écrit avec les paramètres suivants : 

U = tension crête de la porteuse sans modulation
u = tension crête de la modulation seule  
F = fréquence de la porteuse
f = fréquence de la modulante 
m = indice de modulation et m = K . u/U  
K = taux de modulation 
 

 alors 

  • P(t) = U. cos (2.π.F.t)                                                                                       sans modulation (onde porteuse)
  • S(t) = u. cos (2.π.f.t)                                                                                       signal modulant seul (signaux message)
  • Ce que l'on cherche : M(t) = U . cos (2.π.F.t) . [(1 + K . cos (2.π.f.t)]            avec modulation, on mélange les signaux
Démonstration :
Moduler l’amplitude de ce signal sinusoïdal P(t) consiste à transformer son amplitude constante U en une fonction affine de la tension modulante U(t) de la forme a t + b :  
U(t) = [K . S(t) + U ]    où K est une constante .

Le résultat de cette modulation donne le signal modulé ayant pour équation : 
M(t) = [K . S(t) + U] . cos (2.π.F.t)     
on a simplement remplacé U par la fonction affine de U

M(t) = [K . U . cos (2.π.f.t) + U] . cos (2.π.F.t)            remplacement de S(t) par sa formule générale
M(t) = U . [(1 + K. cos (2.π.f.t)]. cos (2.π.F.t)                  mise en facteur de U
M(t) = U . cos (2.π.F.t) . [(1 + K. cos (2.π.f.t)]                CQFD (mise en forme pour faciliter la lecture de mes élèves) :)
M(t) = U . cos (2.π.F.t) +  K . U . cos (2.π.F.t) . cos (2.π.f.t)  développement du dernier terme  

or (cos a) . (cos b) = 1/2 [cos (a + b) + cos (a - b)]     vous rappelez-vous des cours de math du lycée :)

donc on obtient :
  • M(t) = U . cos (2.π.F.t) + U . (1/2) . K . [cos (2.π.F.t + 2.π.f.t ) + cos (2.π.F.t - 2.π.f.t)]
Décomposé (par distribution), cela donne bien 3 signaux que nous observons ci-dessus :

M(t) = U.cos (2.π.F.t)        + 0,5 .U.K . cos (2.π.F.t + 2.π.f.t )        + 0,5 .U.K . cos (2.π.F.t - 2.π.f.t)     
Signal de la porteuseSecond signal ( BLS )Troisième signal ( BLI )

En fait, K est l'indice de modulation qui caractérise l'amplitude du signal modulant.

Si le taux de modulation K est de 100%, alors la tension de la porteuse est le double de celle d'une bande latérale. En terme de puissance (pour rappel la puissance est notée P = U . I donc proportionnelle à la tension U), la porteuse contient la moitié de la puissance émise, le reste étant pour les bandes latérales.

Cela signifie que pour une émission type de 100 w, la porteuse contient 50 w et chaque bande 25 w, d'où l'intérêt de travailler avec une seule bande latérale comme nous allons le voir ci-dessous.

Nota : pour les puristes, le signal BLU est généré par translation de fréquence de la modulante au moyen de la transformée de Hilbert, à la différence de AM qui est créée par multiplication de la porteuse avec la modulante. On n'utilise donc pas les mêmes fonctions mathématiques dans les 2 cas. 

Notez que cet article écrit après avoir longuement et laborieusement essayé de comprendre, est une vulgarisation comportant un exercice de maths appliqués afin d'introduire le sujet Radio Amateur auprès de mon jeune public au lycée. Bref, c'était pour mes élèves, mais je vous le partage volontiers car, comme d'habitude sur Internet, je n'ai pas trouvé de synthèse : j'ai dû la faire moi même...

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Maintenant, si l'on choisit le mode LSB de la radio et que nous utilisons la même fréquence de 3 500 000 Hz pour la transmission, en la modulant avec un signal de 200 Hz, nous verrons apparaître sur l’écran, un seul signal HF à : 3500 000 – 200 = 3 499 800 Hz



Mode LSB : Lower Side Band
La bande la plus basse


En mode USB, nous avons le même signal mais de l'autre côté de la porteuse supprimée.


Mode USB : Upper Side Band
La bande la plus haute



Vous l'avez compris, le mode USB et LSB sont 2 modes de BLU dont on ne garde qu'une partie du signal. L'élimination des signaux de la porteuse et/ou d'une bande latérale se fait par un filtre électronique placé en sortie du mélangeur d'onde (on avait mélangé 3500 000 Hz et 200 Hz ci-dessus).

Inconvénient :

Pour écouter les émetteurs qui transmettent en BLU, il faut un récepteur qui permet de recréer la porteuse HF qui a été supprimée, voici pourquoi ceux qui tenteraient de les capter avec un récepteur AM classique ne réussiraient pas à décoder un seul mot.

Intérêts :

- Il faut beaucoup moins de puissance pour émettre en mode BLU, car le signal ne comporte pas l'onde porteuse : pas besoin d'énergie pour la générer, elle est enlevée par des filtres avant d'atteindre l'amplificateur précédant l'antenne émettrice.

- Le signal est dès le début filtré très étroit (on ne laisse passer qu'une bande étroite de fréquence que l'on veut ajouter, environ 2,7 kHz en BLU contre plus de 6 kHz en AM), on parvient ainsi à réduire la “figure de bruit” donc la quantité de bruit. Même avec une mauvaise propagation (condition de mer, horaire de transmission...), les informations restent compréhensibles et sans trop de distorsion.


Conclusion : 

Le mode BLU est souvent utilisé sur les bandes de fréquences marines (et radio amateur) pour des communications longue portée. Les conditions d'émission sont souvent difficiles en mer et l'énergie de bord comptée. 

On entend parfois dire que c'est une technologie "has been", comprenez dépassée, mais c'est un système radio très robuste et complètement indépendant des réseaux téléphonique ou satellite. 

Son coût d'utilisation est proche de zéro, elle permet d'envoyer aussi bien des échanges voix que data (mails ou fichiers météo) gratuitement. En comparaison, information de janvier 2023, la minute d'appel Iridium est de 2 $, pour un service identique en terme de débit...

Seul Starlink pourrait changer la donne (très bon haut débit), bien que son forfait de base soit à 150 € mensuel et qu'il dépende du bon vouloir de M. Elon Musk (il a déjà changé les prix des forfaits sans préavis...).